Les ennuis, c’est maintenant

Chute dans les sondages, une presse unanimement critique pour dénoncer l’immobilisme du pouvoir, trois millions de chômeurs. Une rentrée en fanfare ! « Le changement, c’est maintenant », promettait le candidat Hollande, qui, une fois élu, a fait sienne la philosophie mitterrandienne : « Il faut donner du temps au temps. »
Le couple de l’exécutif a manqué de vigilance : en juillet, une enquête TNS Sofres révélait la grande crise de confiance des Français. Dans leur très grande majorité, ils doutaient des capacités du gouvernement sur tous les dossiers essentiels : la réduction du chômage, des déficits, la transformation du pays, sortir la France de la crise, favoriser la croissance, améliorer la compétitivité des entreprises.
Le mois d’août a été meurtrier. Habitués au tempo sarkozyen, ils ont été désorientés par le silence présidentiel. Y a-t-il un pilote dans l’avion ? Les images le montrant au milieu des baigneurs dans un look relâché n’ont pas été gratifiantes. Trop low cost, mais un choix délibéré. François Hollande a fondé sa campagne sur le rejet de Nicolas Sarkozy. Et ça a marché. À l’Élysée, il tient à se montrer tel son exact contraire. Avec une obsession : détricoter toute l’oeuvre de son quinquennat.
A l’Impétueux devait succéder l’Impavide. Mais ce qui valait pour la campagne s’est révélé très vite un peu court, voire décevant dans l’exercice de l’État, pour ne pas dire mesquin. Il fallait réagir. Ce qu’a fait le président en inaugurant un nouveau ton, un nouveau style, vendredi, à la foire de Châlons-en-Champagne. Lorsqu’il proclame : « Mon devoir est de dire la vérité aux Français. La crise est d’une gravité exceptionnelle », on pensait entendre son prédécesseur. À l’en croire, les conséquences de la crise ne relèveraient plus d’un héritage qu’il faut solder, mais d’une réalité. La normalité a vécu. Fini l’antisarkozysme. L’objectif étant la lutte contre le chômage, il accélère. La session parlementaire est convoquée deux semaines plus tôt. Les textes sur les emplois d’avenir seront alors adoptés. Premiers contrats promis pour octobre. En annonçant une réforme du financement de la protection sociale, il pose les premiers jalons d’une hausse de la CSG pour soulager les entreprises. Lorsqu’il parle des chantiers sur la sécurisation de l’emploi ou la prévention des plans sociaux, il relance la négociation sur la flexibilité commencée sous l’ère sarkozyste, mais interrompue en juillet par Jean-Marc Ayrault lors de la conférence sociale.
François Hollande compte toujours réformer le pays grâce au dialogue avec les partenaires sociaux. Quand on entend la CGT ou FO dire : « Il faut que le gouvernement choisisse entre les salariés ou l’entreprise » (aucun syndicat au monde ne tient ce raisonnement archaïque), on voit qu’il n’est pas au bout du chemin. Il charge son premier ministre de mettre en oeuvre ses orientations. Très bien. Mais on prend déjà ce pari : le président va devoir plus souvent être en première ligne.
Les décisions douloureuses, c’est lui qui doit les annoncer. Lui, dont le talent était d’affronter les problèmes par… l’évitement ! On verra si la dureté des temps fait éclore l’homme d’État.
Catherine Nay dans Valeurs actuelles 

François Hollande : coups de semonce

Les retards à l’allumage de l’action gouvernementale contraignent le chef de l’État à descendre dans l’arène. Pour démontrer qu’il a encore barre sur les événements...
Est-ce l’imminence de l’annonce du franchissement de la barre symbolique des 3 millions de chômeurs en France métropolitaine ? Les premiers coups de canif portés à sa promesse de « République exemplaire » par l’affaire Lazard ? Les tensions qui se multiplient dans sa majorité tandis que Jean-Luc Mélenchon sonne la charge contre le gouvernement ? Ou tout simplement la crainte de s’enliser avant même d’avoir commencé à avancer ? François Hollande, en tout cas, n’a pas eu besoin des mauvais sondages pour comprendre qu’il devait se « réveiller » comme l’y incitaient, un brin insolents, les hebdos de la semaine dernière…
Comme pour faire oublier des vacances estivales qui, à tort où à raison, suggéraient une vacance plus grave (celle du pouvoir), le président est revenu de plain-pied dans la politique nationale : lundi, il passait sa matinée dans un collège de Trappes (Yvelines) avec les enseignants effectuant leur prérentrée ; mardi, il était à Rome pour discuter avec le chef du gouvernement italien, Mario Monti, de la crise de l’euro ; mercredi, c’est le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, qu’il devait recevoir à Paris, juste après le Conseil des ministres. Avant d’assister, vendredi, à l’audience solennelle de la Cour des comptes – exercice obligé mais nullement anodin en cette période de déficits aigus – et de donner sa première interview de rentrée, ce dimanche, au 20 heures de TF1.
Si nous étions encore sous Nicolas Sarkozy, cette volonté d’être présent sur tous les fronts n’aurait alerté personne. Mais sous François Hollande, qui avait promis de restaurer l’ancien équilibre des pouvoirs – un président qui préside et un gouvernement qui gouverne, le premier fixant l’orientation et le rythme des réformes, le second gérant le quotidien, au gré des fluctuations médiatiques – , ce changement de pied est éloquent.
Il faudra plus que des dénégations pour convaincre
Il signifie d’abord que l’ampleur de la crise a eu raison de ses résolutions et, accessoirement, qu’il est plus difficile que prévu de “rompre avec la rupture” sarkozyenne. Il laisse aussi et surtout penser que le choix de Jean-Marc Ayrault pour incarner un premier ministre qui gouverne, à l’image d’un Laurent Fabius ou d’un Alain Juppé, n’était peut-être pas le bon. À quoi sert d’avoir reproché à Nicolas Sarkozy de traiter François Fillon en « collaborateur » si c’est pour lui trouver un successeur qui rechigne à servir de “fusible” ? Réputé bon maire de Nantes, le premier ministre doit maintenant prouver qu’il sait faire régner l’ordre dans sa majorité.
Et le pari, pour l’heure, est loin d’être gagné. Certes, Jean-Marc Ayrault s’est manifesté avec énergie pour mettre fin à la polémique déclenchée par le choix de la banque Lazard pour conseiller le gouvernement sur la création de la future Banque publique d’investissement, alors même que le principal dirigeant de Lazard, Matthieu Pigasse, est propriétaire de la revue les Inrockuptibles, qui emploie depuis peu la journaliste Audrey Pulvar, compagne du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg… Conflit d’intérêts ? Il faudra plus que des dénégations pour rendre claires les conditions d’un appel d’offres dont l’opacité suscite de légitimes interrogations. Le comble quand celles-ci portent sur le “Saint-Just” du gouvernement ! D’où la proposition de Nathalie Kosciusko-Morizet de mandater la commission des finances de l’Assemblée pour enquêter sur le fond du dossier. Une demande que le gouvernement peut difficilement refuser, sauf à prendre le risque d’ajouter le soupçon au soupçon.
Mais le plus grave n’est pas là : alors que, sur fond d’une montée ininterrompue du chômage, le gouvernement se voit reprocher par Jean-Luc Mélenchon d’offrir son « soutien » au Medef (lire page 44, l’article de David Victoroff), un autre sujet de démobilisation se profile pour la gauche : l’adoption, grâce au soutien de la droite, du texte le plus important du quinquennat – le traité budgétaire Merkel-Sarkozy, qui articule la politique économique de la France aux critères fixés par l’Union européenne. D’où l’insistance mise par Jean-Marc Ayrault à obtenir la discipline de l’ensemble de la majorité, l’essentiel pour lui n’étant pas de faire voter ce texte – qui le sera quoi qu’il arrive – mais de faire en sorte qu’il le soit sans rien devoir à l’UMP ! Un cap autrement plus difficile à négocier pour le maintien de son autorité que la passe d’armes picrocholine qui l’oppose aux sénateurs socialistes sur le non-cumul des mandats…
La querelle du traité budgétaire, de fait, n’est pas médiocre, et c’est bien pour cela que François Hollande entend éviter qu’elle mette le feu à la plaine : elle oppose ceux qui estiment dépassée la souveraineté budgétaire des États à ceux qui persistent à la considérer comme indissociable de l’exercice de la démocratie.
Et puis, comment expliquer aux électeurs de gauche que la règle d’or, autrement dit l’adoption d’une loi-cadre prévoyant le rythme du retour à l’équilibre budgétaire, est attentatoire à la démocratie quand la droite est au pouvoir – d’où le refus du PS de la voter quand Nicolas Sarkozy entendait la faire adopter ! – mais qu’elle devient bénéfique pour le pays quand la gauche est aux commandes ? Comme Nicolas Dupont-Aignan, à droite, Benoît Hamon, au gouvernement, et Marie-Noëlle Lienemann, au PS, sont logiques avec eux-mêmes : ils refusent de voter aujourd’hui ce qu’ils refusaient de voter, hier, dans des termes identiques.
Sans doute parce qu’elle n’est pas ministre, Mme Lienemann est celle qui va le plus loin chez les socialistes dans la fronde contre le gouvernement. À ceux qui, pour la faire fléchir, évoquent devant elle « l’intérêt supérieur » de la gauche, elle rétorque invariablement : « intérêt supérieur de la France »… Voici vingt ans, Philippe Séguin ne disait pas autre chose s’agissant du traité de Maastricht, quand on lui opposait l’intérêt de la droite. Et la droite ne s’est jamais vraiment remise de cette fracture historique qui, au-delà même du non au référendum de 2005, a nourri une partie du vote Le Pen, paradigmatique, à gauche, du vote Mélenchon… « L’intérêt supérieur de la France, dit aujourd’hui Mme Lienemann, c’est précisément de voter non. » Car voter oui « consoliderait non seulement la vision allemande de l’Europe, celle de l’austérité à tous les étages, mais aussi l’idée que se font les Allemands des Français : des gens qui aboient mais ne mordent pas ».
Et voici le chef de l’État en butte, dans son propre camp, au pire soupçon qui soit : une duplicité en politique intérieure n’ayant d’égal que son incapacité à exister sur la scène extérieure. Pour l’homme qui, voici quatre mois, s’identifiait à l’immédiateté du changement, il est de meilleurs départs pour s’inscrire dans l’Histoire… 
Éric Branca
Valeurs actuelles 6 septembre 2012

Claude Guéant à RTL


Claude Guéant, ancien ministre de l'Intérieur de... par rtl-fr

Amateurisme, quand tu nous tiens

Le projet de loi sur le logement social présenté hier par Cécile Duflot en conseil des Ministres est absurde. Comme à son habitude, le gouvernement se contente d'un effet d'annonce, qui s'attaque aux conséquences et pas aux causes réelles du problème.

D'une part, la Ministre propose de brader purement et simplement le patrimoine de l'Etat, en cette période où le gouvernement ferait mieux au contraire de chercher à résorber ses déficits.

D'autre part, l'autorité, voire le mépris, avec lequel elle s'adresse à l'ensemble des maires de France (notamment en évoquant des « maires qui ont fait le choix d'être hors la loi ») démontre sa totale méconnaissance du terrain, elle qui n'a d'ailleurs jamais été maire. A aucun moment les véritables problèmes, comme la vacance de logements ou le manque de foncier disponible, ne sont évoqués.

Enfin, dans un élan d'amateurisme total, je souligne que Mme Duflot compte céder 4 terrains à la ville d'Orléans, dont un, la ZAC Sonis, sur lequel la mairie a déjà engagé un programme de construction de logements dès 2005, dont 27% de logements sociaux, ce qui va par conséquent bien au-delà des 20% imposés actuellement de la loi. Mieux : dans la liste mise en ligne sur le site du ministère, on apprend que Mme Duflot compte céder le terrain des Groues à la ville d'Orléans. Sauf que le terrain en question appartient déjà à l'agglo d'Orléans depuis quelques années déjà. Cela laisse bien supposer l'improvisation avec laquelle ce projet de loi a été décidé.

Serge Grouard
Député du Loiret
Maire d'Orléans

Immobilisme, incantation, improvisation caractérisent le pouvoir en place

" Et si Sarkozy avait eu raison ? ". Rebondissant sur la une de l'Express de ce mercredi 5 septembre qui fait suite à celles de Marianne ("Hollande secoue-toi, il y a le feu "), du Point ("On se réveille"), de Valeurs Actuelles ("Déjà dans le mur"), Jean-François Copé a profité du point presse hebdomadaire de l'UMP pour réitérer sa « très grande inquiétude » sur l'absence de pilotage du paquebot France. « Personne ne semble savoir et décider où aller. Au moment où la France devrait avoir une vision stratégique et un calendrier qui s'adapte à cette vision, François Hollande et son Gouvernement dirigé par Jean-Marc Ayrault multiplient l'immobilisme, l'incantation, l'improvisation et bloquent ainsi la France », déplore Jean-François Copé.

« Dans le contexte si difficile que notre pays traverse, nous avons besoin de décisions. Or la seule réponse de François Hollande et de son Gouvernement t est de créer des commissions et la seule action du Gouvernement ce sont des cafouillages entre ministres. Je n'ai jamais vu de telles tensions à la tête de l'un de plus importants ministères de notre pays», poursuit Jean-François Copé en s'appuyant sur les récents différends entre les ministres Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg à Bercy. « On ne peut pas continuer ainsi de voir s'étaler sur la place publique une telle absence de vision pour la France et l'avenir de nos enfants alors que dans le pays tout le monde est à l'arrêt en raison de l'incertitude totale que font planer François Hollande et son gouvernement. Embauches, investissements, exportations…, tout est à l'arrêt », constate Jean-François Copé.

Estimant la situation « très préoccupante », Jean-François Copé s'appuie sur la rentrée des classes, moment où les décideurs publics présentent les grandes orientations en matière éducative, pour indiquer combien les réponses apportées par le Gouvernement et en particulier Vincent Peillon, le ministre de l'Éducation, sont inadaptées parce qu'idéologiques. « Son discours a été uniquement ciblé sur l'augmentation des moyens, donc des dépenses, et sur la morale laïque. Cette augmentation des moyens qui, les études le rappellent, n'élève pas le niveau des élèves, est incompatible avec les moyens budgétaires de notre pays et se fait au détriment de l'augmentation des salaires des enseignants que nous avions engagée avec Nicolas Sarkozy et Luc Chatel », rappelle Jean-François Copé.

« Annoncer que les élèves auront quatre jours de plus aux vacances de la Toussaint n'est pas à la hauteur des enjeux », poursuit Jean-François Copé opposant à Vincent Peillon et à la gauche la vision qu'a l'UMP de l'école : mise en place d'un examen d'entrée en sixième pour s'assurer que tous les élèves qui entent au collège sachent lire, écrire, compter ; que les chefs d'établissement soient les véritables patrons de leur école et évalués sur leurs résultats ; apprentissage dès 14 ans pour les jeunes qui le souhaitent.

Quant à la morale laïque, « cela peut répondre à une nécessité mais tout dépend du contenu », s'inquiète Jean-François Copé. « Il ne sera pas acceptable que les leçons de morale laïque conduisent à dresser l'école contre les familles et contre les religions », avertit Jean-François Copé.

Point presse de Jean-François Copé du 5 septembre 2012


Et si Sarkozy avait eu raison ?


Sont-ils si nuls ?.....oui !


Philippe Tesson : Hollande, c'est du vent !

Après 100 jours à ne rien faire, le président vient de découvrir l'ampleur de la crise. Retour à la raison ou prélude à une fuite en avant ?

François Hollande à la foire de Châlons-en-Champagne le 31 août.
François Hollande à la foire de Châlons-en-Champagne le 31 août.© jérôme Mars / Sipa

Que François Hollande reste à ce point sourd à l'évidence, cela est stupéfiant. Certains de ses amis eux-mêmes ont du mal à le comprendre. L'économie française est dans un état alarmant. L'endettement du pays a dépassé depuis longtemps un seuil critique. Son appareil de production est en voie d'effondrement. Son déficit commercial a pris des proportions dramatiques. Celui des comptes publics ne cesse de s'accroître. On connaît les causes de cette situation, dont le temps n'a cessé d'accuser la gravité et qui est à l'origine d'une dégradation insupportable de l'emploi : ce sont essentiellement le niveau des dépenses publiques et celui du coût du travail qui ont affaibli la compétitivité.
Cette analyse est simple et limpide. Même une lâche partie des responsables politiques de gauche la partagent. Sur les remèdes à apporter, le consensus est total s'agissant des dépenses publiques, il est majoritaire s'agissant du coût du travail. Même certains dirigeants syndicaux le proclament, à commencer par François Chérèque ("il faut baisser le coût du travail"). C'est cela, l'évidence.

Du Père Ubu chez Hollande

Quelles réponses François Hollande a-t-il apportées à cette situation depuis qu'il est au pouvoir, depuis quatre mois ? Un discours au pire apaisant, au mieux confiant - il vient seulement, ces jours derniers, de convenir de la gravité de la crise -, inspiré par une conception désinvolte pour ne pas dire cynique du rapport au temps - j'ai pour moi la durée - à laquelle Martine Aubry s'associe en promettant deux quinquennats Hollande ! Des proclamations d'intention sur sa volonté de réduire la dépense publique, contrariées par des mesures qui l'augmentent. Des actes symboliques qui ont fait long feu à en juger par les réserves syndicales lors de la conférence sociale. Des décisions qui sont autant de ballons de baudruche - le smic, le prix de l'essence. Des menaces verbales fanfaronnes visant le patronat et divisant la nation en dépit d'un sermon républicain rassembleur. Bref du vent, une brise légère, à l'exception d'une mesure héroïque, la seule qui ait un sens et qui ne demande pas d'effort à celui qui la prend : le coup de massue fiscale. Il y a du Père Ubu chez Hollande. "Messieurs, nous établirons un impôt de dix pour cent sur la propriété, un autre sur le commerce et l'industrie, et un troisième sur les mariages et un quatrième sur les décès, de quinze francs chacun."
Quatre mois ont passé, qui aboutissent à ce bilan paresseux quand il fallait faire vite pour préparer, voire mettre en place les seules réformes qui vaillent, c'est-à-dire celles qui aident à la croissance. Alors on s'interroge. Comment se fait-il qu'un homme réputé intelligent et habile, entouré de conseillers experts et lui-même avisé par sa formation en matière économique soit passé avec cette facilité à côté de l'Histoire et à côté de l'occasion qui lui était offerte d'être digne de celle-ci ? Pourquoi n'a-t-il pas pris à bras-le-corps sa responsabilité ? Serait-ce du fait de sa nature, si celle-ci est conforme au portrait assez féroce que faisaient de lui ses amis socialistes au temps où ils n'étaient pas encore ses ministres ? Serait-ce que déjà la volupté du pouvoir a assoupi son ambition et amorti son énergie ? Serait-ce, et ce serait plus grave, que sa vérité et sa sincérité sont dans la parole archaïque qu'il lui arrive de proférer et qui puise ses sources dans l'idéologie de la vieille gauche ?

Stratégie classique

Peut-être en effet croit-il à ce qu'il dit lorsqu'il développe des concepts certes respectables, mais inconciliables, avec ce volontarisme et ce pragmatisme indispensables à l'efficacité d'une action politique moderne. Quand on l'entend dire : "Chaque nation a une âme et l'âme de la France, c'est l'égalité", on applaudit parce que c'est beau. Mais on désespère. On ne tirera pas en effet la France de son marasme en la mobilisant sur ce mot d'ordre. Décidément on ne saura jamais où se situe un socialiste.
Mais toutes ces hypothèses, nous les rejetons. Nous pensons pour notre part que François Hollande est un homme conscient qui, s'inspirant de la méthode suivie par François Mitterrand en 1981, a voulu frapper fort à ses débuts pour en venir ensuite à meilleure raison. Certains signes donnent à le penser, dont le plus récent est la caresse faite au patronat. Cette stratégie est classique. On feint la fermeté, on rembourse ainsi sa clientèle, on fait illusion et puis l'on se range à la réalité. Mais aussi habile qu'il soit, Hollande l'est moins que Mitterrand. Il n'a pas parfaitement géré sa manoeuvre, il a manqué de doigté, de mesure, il est allé trop vite et trop lentement à la fois, trop loin et pas assez. Et puis le contexte d'aujourd'hui n'est pas celui d'il y a 30 ans. La crise est là, nationale et européenne, et la situation de la France infiniment plus critique. Il semble toutefois probable que le président de la République et son gouvernement soient prêts à se soumettre dans les semaines qui viennent au principe de réalité qu'ils ont allègrement négligé depuis qu'ils sont au pouvoir. Il n'en reste pas moins que ces cent jours pèseront sur leur action comme une hypothèque qui ne facilitera pas les choses.

La présidence « camomille »

On nous avait annoncé un grand discours fondateur du Président Hollande vendredi dernier : une fois de plus, la montagne a accouché d'une souris.

Alors que le nombre de chômeurs vient de dépasser les 3 millions, alors que la croissance est en berne et que la prévision sera révisée à la baisse pour 2012 et 2013, aucune mesure, aucune réforme d'envergure n'ont été proposées pour relancer la machine économique.

Face à cette inertie, la colère des Français commence à grandir : c'est la fin de la présidence « normale », concept inventé pour habiller un anti-sarkozisme primaire.

L'effondrement de la croissance est en réalité plus grave que ne le reconnaît le Gouvernement. Cette erreur de diagnostic peut avoir des conséquences dramatiques pour notre pays : le PIB ne va gagner que 0,3% cette année et sans doute 0,5% en 2013. L'Etat, privé de recettes va devoir imposer une austérité plus sévère encore que prévue, ce qui va assécher encore la croissance : la France est clairement menacée d'une spirale latine.

Il existe des solutions urgentes que nous attendions dans le discours de François Hollande :
  • Provoquer immédiatement le choc de compétitivité : toutes les réformes structurelles en faveur de la croissance devraient être engagées maintenant ;
  • Fixer enfin un cap en matière économique pour redonner confiance aux acteurs dont l'indécision du Gouvernement renforce l'attentisme.
Il est grand temps de mettre fin aux louvoiements, aux multiples commissions qui masquent l'absence de décisions.
Il est grand temps de mettre fin à cet « exercice banalisé du pouvoir ».
Il est grand temps de mettre fin à la présidence « camomille ».

Jérôme Dubus
Secrétaire national en charge de la croissance et des nouvelles libertés économiques

Pour Jean-François Copé, "tous les moteurs du paquebot France ont été arrêtés"


Monsieur Hollande : assez de discours, des actes et du courage !

Nous avions tiré le signal d'alarme durant toute la campagne sur les dangers pour la France du programme de François Hollande et de l'alliance entre le PS et ses alliés ! Nous avions malheureusement raison : sur l'Europe, sur le nucléaire, sur le cannabis, sur les Roms, sur le traité européen, sur la publicité à la télé après 20h… Il ne se passe pas une journée sans un couac ou une dissension dans la majorité.

Alors, comme ils ne sont d'accord sur rien, ils ne décident de rien ! La multiplication des commissions ne vise qu'à une seule chose : cacher l'incapacité totale de François Hollande à prendre des décisions courageuses. Alors qu'il devrait conduire la France au niveau de l'Allemagne d'Angela Merkel, François Hollande conduit notre pays là où le socialiste Zapatero a conduit l'Espagne. C'est-à-dire à une catastrophe économique et sociale.

Sur le plan économique, François Hollande n'a pas l'ombre d'une stratégie ; il collectionne les mauvaises décisions. Il a commencé par s'attaquer au pouvoir d'achat des plus modestes en pénalisant les heures supplémentaires. Puis il a plombé la compétitivité française en alourdissant les charges qui pèsent sur le travail et en augmentant les impôts des Français qui travaillent.

Et ce ne sont pas les quelques mesurettes annoncées par Jean-Marc Ayrault qui vont changer la donne ! La baisse du prix de l'essence n'est qu'un tour de passe-passe : si on baisse la fiscalité sur l'essence de 3 centimes par litre, cela coûte 1,5 milliard d'euros par an. Or, comme le gouvernement est incapable de baisser la dépense publique, il faudra bien trouver cette somme ailleurs. Habilement, François Hollande propose de financer la baisse du prix des carburants pour le consommateur par des impôts supplémentaires pour le contribuable. Mais le consommateur et le contribuable c'est la même personne !
Quant aux emplois d'avenir, c'est un retour 15 ans en arrière aux emplois jeunes de Martine Aubry. Pourquoi ce qui n'a pas marché en 1997 marcherait en 2012 ?

Sur le plan régalien, le laxisme est de retour. Comme prévu ! En trois mois, la gauche a remis en cause un à un tous les piliers de notre politique d'immigration choisie :
  • Arrêt des placements en centres de rétention pour les familles de clandestins.
  • Révision des critères de régularisation dans le plus grand flou.
  • Abandon des critères de naturalisation que nous avions mis en place.
  • Suppression de la franchise pour l'Aide Médicale d'Etat : les clandestins sont désormais les seules personnes en France à bénéficier d'une couverture maladie à 100%.
Tout cela s'inscrit dans une stratégie délibérée pour remplacer le vote populaire par un vote communautaire. Et la dernière pierre de cette construction ne va pas tarder à venir. C'est l'ouverture dès 2014 du droit de vote aux étrangers, auquel nous devrons nous opposer de toutes ses forces.

Sur l'insécurité, nous ne sommes pas mieux servis ! Madame Taubira revient sur notre programme de construction de prisons. Elle supprime les peines-plancher pour les récidivistes, les tribunaux correctionnels pour mineurs…

En cette rentrée politique, nous à l'UMP, nous sommes prêts, mobilisés pour incarner une opposition responsable, mais aussi tonique et sans concession face à François Hollande et son gouvernement.
 
Jean-François Copé

Article du Progrès du 2 septembre 2012


Article de Lyon Mag du 1er septembre 2012


 

Tract de l'UMP de Villeurbanne

Nuisances liées au terrain de sport de proximité de la Doua
 
Habitants des rues de la Doua, Schmidt, Spérafico, Bruxelles et Avenue Salengro, vous avez subi cet été des désagréments liés à l’usage du terrain de sport de proximité récemment installé Rue de la Doua.

Cette installation a été décidée unilatéralement par la Mairie sans en avertir la représentation des habitants qu’est le Conseil de Quartier.

PIRE. Cette décision a été prise sans en avertir les principaux intéressés : VOUS.

Ceci montre bien le peu de cas que fait la Mairie de Villeurbanne de l’avis des concitoyens qui lui ont donné les clés de la Ville.

C’est INACCEPTABLE et nous ne pouvons que le déplorer.

De plus, lorsque vous vous êtes ouverts auprès de M. Gilbert-Luc DEVINAZ, Adjoint au Maire en charge de la Sécurité et du Sport, et Conseiller Général de votre canton, celui-ci vous a ri au nez et a indiqué que les problèmes étaient normaux et qu’il ne ferait rien pour les régler.

M. DEVINAZ oublie qu’en tant qu’élu, il est de son devoir d’être à l’écoute de toutes les demandes de la population et d’apporter en plus de cette écoute des solutions rapides et pérennes pour régler les problèmes.

Nous ne laisserons pas en l’état ce dossier, et nous ferons en sorte que votre message soit relayé par les conseillers municipaux d’opposition lors des prochaines assemblées.
Notre devoir est là, et nous ne vous abandonnerons pas.
 

Le discours de François Hollande à Chalons : ni souffle, ni ambition !

François Hollande, sentant que l'opinion s'inquiète, avait décidé de faire un grand discours à Chalons... pendant de très longues minutes, le Président de la République s'est employé à expliquer qu'il était urgent de consulter, de réfléchir, mais pas une seule fois il n'a pris la responsabilité du moindre commencement d'esquisse de décision. Au mieux, c'est sur Jean-Marc Ayrault qu'il a renvoyé la mission de choisir la politique de la France ... comme s'il n'avait pas vu les piètres prestations du Premier Ministre ces derniers jours.

Le changement, ce n'est pas pour maintenant ! Se limitant à rappeler son programme électoral, François Hollande a produit un laborieux discours technocratique, sans souffle ni ambition. Il a demandé que les Français attendent cinq ans pour juger. Soit. Mais en attendant, le Gouvernement ne décide d'aucune réforme structurelle. Et lorsqu'il le fait, c'est pour augmenter la dépense publique (embauches de fonctionnaires), accroitre la pression fiscale qui pèse sur les acteurs économiques et organiser des salles de shoot !

François Hollande avait promis un "rêve français". Pour le moment, alors que les Français subissent le cauchemar de la crise, le Gouvernement est lui bel et bien endormi !

Camille Bedin
Secrétaire nationale de l'UMP à l'égalité des chances

Kikadikoi : Montebourg hué par les patrons


Affaire de la Banque Lazard : cafouillage et règlement de comptes à Bercy

Sébastien Huyghe, député du Nord, Secrétaire National de l'UMP s'étonne des déclarations successives du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui après s'être dit étranger au choix de la Banque Lazard de Matthieu Pigasse pour conseiller le gouvernement sur la création de la Banque Publique d'Investissement, a déclaré regretter ce choix en rejetant cette responsabilité sur Pierre Moscovici.

Il est pour le moins étrange que le ministre du Redressement productif, terminologie pompeuse pour désigner le ministre de l'industrie, ait été tenu à l'écart du processus de mise en place de la Banque Publique d'Investissement dont la première mission devra être de financer les entreprises industrielles afin de faciliter la réindustrialisation, ce que certains appelleront le "redressement productif", de notre pays.

Soit il y a un problème de compétences et de coordination entre les divers ministres, soit on ne nous dit pas toute la vérité. Aussi, l'UMP réclame-t-elle que le gouvernement fasse toute la lumière sur le processus de désignation de la Banque Lazard, et qu'il rende publique les délibérations et analyses des différentes offres qui ont dû être faites dans le cadre de l'appel d'offres qui a normalement du être lancé.

Par ailleurs, le député du Nord, s'étonne du règlement de comptes qui s'opère entre les 2 ministres de Bercy, et s'interroge sur leur capacité à travailler ensemble en toute sérénité à l'avenir dans l'intérêt de la France.

Kikadikoi : La refiscalisation des heures supplémentaires