Article de Fabrice Madouas dans Valeurs actuelles

Pourquoi les journalistes sont de gauche
« On le subodorait. On le devinait à mille petits signes : les journalistes votent à gauche, sont de gauche et, naturellement, soutiennent la gauche. » Il faut avoir soit le goût de la provocation soit un certain courage pour être aussi catégorique sur un sujet aussi polémique. Fondateur de Reporters sans frontières (dont il a été secrétaire général jusqu’en 2008) et de la revue Médias, journaliste sur iTélé et Sud Radio, Robert Ménard ne manque ni de l’un ni de l’autre. Mais comme il sait qu’on ne peut briser un tabou sans s’exposer à la critique, il a pris soin de commander à l’institut Harris Interactive une enquête sur le vote de ses confrères – et des nôtres. Pas un sondage, car « cela coûte cher », admet-il dans l’entretien qu’il nous accorde, mais une consultation : « Il s’agissait d’interroger les journalistes présents sur Twitter », précise Jean- Daniel Lévy, directeur du département politique et opinion de Harris Inter active.
Cent cinq journalistes ont répondu à l’intégralité de cette enquête, publiée dans le dernier numéro de Médias. Ses résultats sont éloquents. « Les journalistes ayant pris part à la consultation déclarent un vote beaucoup plus marqué à gauche que le corps électoral français », constate Jean-Daniel Lévy. En tête, François Hollande – comme au premier tour, mais avec 10 points de plus que les Français ne lui en ont accordé. Le deuxième ? Jean-Luc Mélenchon (+ 8 points), devant Nicolas Sarkozy ( – 9). Marine Le Pen n’arrive qu’en sixième position, avec 3 %, soit six fois moins que le 22 avril. Hollande recueille 74 % des suffrages au second tour.
Cent cinq journalistes ne forment qu’un mince échantillon et l’on pourrait contester ces résultats si d’autres enquêtes, plus anciennes, n’allaient dans le même sens. Par exemple, le sondage réalisé par l’Ifop pour l’hebdomadaire Marianne en avril 2001, avant une autre élection présidentielle. À l’époque, 63 % des journalistes consultés avaient l’intention de voter à gauche (dont 32 % pour Lionel Jospin, qui fut éliminé dès le premier tour). La droite ne recueillait que 6 % des voix, les autres ne se prononçant pas. « Il faudrait être quelque peu naïf, après cela, pour s’étonner du fossé abyssal qui se creuse entre la caste journalistique et la population », concluait l’auteur de l’article, Philippe Cohen.
Les simulations électorales réalisées cette année dans plusieurs écoles de journalisme sont elles aussi intéressantes. Au Centre de formation des journalistes (CFJ), les étudiants de première année ont choisi, dans l’ordre : Hollande, Mélenchon, Bayrou. À l’École supérieure de journalisme (ESJ) de Lille : Hollande, Mélenchon, Joly. Au Celsa : Hollande, Mélenchon, Sarkozy et Bayrou (troisièmes ex æquo). La droite est éliminée dès le premier tour.
Directeur du CFJ depuis 2008 (et bientôt de Reporters sans frontières), Christophe Deloire souligne que ces consultations concernent moins de cinquante étudiants – l’effectif moyen d’une pro motion de ces écoles. « J’ai su, ajoute-t-il, que certains élèves avaient voté Sarkozy le jour de l’élection alors qu’ils avaient voté blanc à l’école. » Il rappelle aussi que « les étudiants en France sont assez largement de gauche »: ceux des écoles de journalisme ne se distinguent pas de leurs condisciples. Reste qu’ils se distinguent des Français quand ils en sont sortis.
Les élections professionnelles en fournissent un autre indice. Les dernières ont eu lieu en juin. Le Syndicat national des journalistes (SNJ) a recueilli la majorité absolue des suffrages (51,3 %), devant la CGT et la CFDT. Or, même si ce ne fut pas toujours le cas, ses prises de position classent aujourd’hui le SNJ nettement à gauche : il figure parmi les fondateurs de l’Union syndicale Solidaires, adepte d’un « syndicalisme de luttes ». « Les salariés, les chômeurs, les retraités n’ont pas à faire les frais du désastre économique et social dans lequel nous ont plongés les politiques néolibérales et les marchés financiers », pouvait-on lire en janvier dans un communiqué de Solidaires, relayé par le SNJ sur son site.
À cette inclination pour la gauche, on peut trouver des raisons historiques et générationnelles – au moins jusqu’au début des années 2000. « L’histoire de la presse française n’est faite que de jeunes qui ont tâté de la politique et qui ont pour politique suivi dans le journalisme, expliquait en 2002 un journaliste du Monde cité dans un livre de Christophe Nick, les Trots kistes (Fayard). De 1960 à 1980, les militants étaient tous à l’extrême gauche. À une certaine époque, chaque groupuscule avait son quotidien ou son hebdomadaire. Des centaines de journalistes se sont ainsi formés sur le tas », avant d’être accueillis au sein d’autres rédactions, celle de Libération d’abord, puis du Monde – entre autres.
Ce n’est pas le résultat d’une stratégie d’entrisme, expliquait un ancien de la LCR et de Libé, Basile Karlinsky : « La réalité, c’est que le trotskisme, sans le vouloir ni le savoir, a réussi à être une (pas trop mauvaise) école de journalisme. » Parce qu’ils avaient dans leur bagage politique trois outils très efficaces pour s’imposer au sein des rédactions : « une appréhension intellectuelle du monde », le sens de l’organisation et « le goût du pouvoir
symbolique », soulignait Yves Roucaute dans Splendeurs et Misères des journalistes (Calmann-Lévy). Cette génération, qui avait 20 ans en 1968, est en train de passer la main, mais elle a fait école en faisant carrière sans rien abdiquer de ses convictions libertaires.
D’autres complètent cette approche historique par des éléments sociologiques et culturels. « Les journalistes se rapprochent des catégories sociales et intellectuelles les plus intégrées à la culture de gauche, les enseignants et les chercheurs », note le politologue Roland Cayrol dans la revue Médias. « Les étudiants qui présentent notre concours sont, pour beaucoup, issus de cursus d’histoire, de lettres, de sciences politiques. Des catégories sociales plutôt orientées à gauche », constate Christophe Deloire, du CFJ. Ce que confirment diverses enquêtes parues sur les étudiants de Sciences Po – dont beaucoup deviennent journalistes.
« La sensibilité politique des étudiants de Sciences Po se situe assez nettement dans le camp de la gauche. Ce positionnement s’accompagne d’un répertoire de valeurs privilégiant l’universalité, le libéralisme culturel, ainsi que la tolérance et l’ouverture aux autres », écrivait la sociologue Anne Muxel en 2004. Le règne de Richard Descoings n’y a évidemment rien changé. Les étudiants de Science Po ont, eux aussi, organisé une simulation électorale avant la présidentielle : François Hollande devance Nicolas Sarkozy de douze points au premier tour et l’écrase au second avec 63,6 %des voix.
En France, « les grands journalistes sont souvent issus des mêmes écoles que beaucoup de responsables gouvernementaux », remarquait l’ambassade des États-Unis dans une dépêche diplomatique révélée par WikiLeaks. « S’il y a une homogénéité du milieu, au niveau des dirigeants, c’est pour des raisons internes de formation, d’éducation, de milieu social, de mode de vie », avançait Régis Debray, en 2005, dans la revue Médias. Cette connivence intellectuelle favorise la diffusion d’un credo qu’on ne peut discuter sans risquer l’excommunication – comme l’a montré la condamnation d’Éric Zemmour. Laurent Fabius en a résumé les articles d’une formule éclairante : « La politique est une éthique, les droits de l’homme sont la jeunesse du monde et l’antiracisme est l’âme de la France. »
Nul ne conteste que « les droits de l’homme, dans leur acception classique, demeurent un appréciable instrument de lutte contre l’arbitraire des pouvoirs », écrit Élisabeth Lévy dans les Maîtres censeurs. Mais leur manipulation par des minorités réputées opprimées (culturelles, sexuelles, ethniques) menace d’éclatement une société privée de transcendance. « Voué au ministère des justes causes et des bons sentiments, le “machiavélisme du bien” [selon l’expression du philosophe Marcel Gauchet] n’en est pas moins un machiavélisme », conclut Élisabeth Lévy. Et, serait-on tenté d’ajouter, un manichéisme auquel la droite s’est soumise de peur d’être rejetée dans le camp du mal. Une nouvelle illustration en est fournie par la polémique sur la “droitisation” de l’UMP, récusée par d’ex-ministres de Nicolas Sarkozy. Pourtant, la droite ferait bien de méditer cette réflexion : « Les valeurs défendues par l’intelligentsia exercent un ascendant sur toute la société. L’enseignement, la culture ou l’information ne sont jamais neutres », rappelle Jean Sévillia, écrivain et journaliste. À l’inverse, « la gauche valorise le combat politique et la controverse intellectuelle – donc le journalisme – tandis que la droite a déserté le champ des idées pour les métiers de la finance. Les valeurs d’argent l’ont emporté sur le bien commun, l’esprit bourgeois a eu raison des idéaux », analyse le journaliste Marc Baudriller, auteur des Réseaux cathos (Robert Laffont).
Où l’on voit qu’il est nécessaire à la droite, pour reconquérir le terrain des idées, non seulement de ferrailler contre la gauche mais de batailler aussi contre la tentation de sérieux qui l’a gagnée. En opposant à l’esprit bourgeois (bohème ou non) cet “esprit français” que la bienséance commandait autrefois d’opposer aux fâcheux ? C’est le remède que préconisait le philosophe Philippe Muray et qu’appliquent certains humoristes – ceux qu’on n’entend pas souvent sur le service public. « Comment se fait-il que, quand l’Europe de l’Est s’est libérée, tous les gens n’aient pas foncé vers l’est ? », demande Gaspard Proust. Une question à soumettre aux étudiants en journalisme.  
Fabrice Madouas

Editorial de Philippe TESSON dans le Point

 "Un 14 Juillet pour ne rien dire"

Des engagements vagues, des déclarations de principes : Philippe Tesson passe au crible l'interview de François Hollande.

François Hollande a renoué avec le rituel de l'interview du 14 Juillet.
François Hollande a renoué avec le rituel de l'interview du 14 Juillet.© Jean-Sébastien Evrar / AfP
Au moins le président de la République a-t-il été relativement bref hier dans son adresse aux Français. Pour ne rien dire en effet, il faut à certains beaucoup plus de temps. Donc bref, creux et calme. Tout le contraire de Sarkozy. À cet égard, les Français seront satisfaits. Ils l'ont cherché, ils l'ont. Ils avaient besoin d'apaisement, ils l'ont. Mais concrètement ? Qu'ont-ils compris de ce qui les attend ? Qu'ont-ils appris qu'ils ne savaient déjà ? Sur le fond : l'imprécision, la défausse, le flou. Dans la forme : aucune vraie énergie. Ton sur ton, plat, gris. Peut-être n'était-il pas préparé, peut-être était-ce trop tôt. Alors, il ne fallait pas rétablir le rite de l'interview du 14 Juillet. N'était-ce que pour contredire Sarkozy ? Est-ce à ce point obsessionnel ?
Résumons point par point. Sur le dossier Peugeot, une protestation matamore pour aboutir à une promesse de concertation. Mais vers quels objectifs ? La direction de l'entreprise s'est déjà engagée à ne pas opérer de licenciements secs et à conserver au site sa destination industrielle. Sur la compétitivité et les déficits, un catalogue d'intentions totalement oiseuses : "Il faudra trouver des solutions, il faudra trouver des ressources, nous allons trouver les moyens..." Ou bien : "Nous allons maîtriser les dépenses, nous allons faire des économies..." Mais lesquelles ? Comment ? Selon quel calendrier ? Rien d'affirmé sur la fiscalité. Des promesses gratuites d'immunité à l'adresse des classes moyennes. Mais qui doute un instant que celles-ci seront épargnées ? Et des engagements vagues aux fonctionnaires.

Les Français pris pour des enfants

À propos de l'Europe, une suffisance illusoire : "J'ai fait admettre un pacte de croissance. (...) J'ai permis une réorientation de l'Europe. J'ai... J'ai..." Mais pas un mot sur ce qui compte : la crise financière, l'avenir de l'Union. Un éloge simpliste de la stratégie du compromis, qui est le b.a.-ba de la politique. Sur tous sujets, c'est vraiment prendre les Français pour des enfants.
Le rapport vie privée-vie publique ? Ça devait être le clou de l'intervention. Enfin, il allait s'expliquer, faire le clair, livrer son âme (!) à propos de ses imbroglios sentimentaux qui paraissent passionner les Français. Ils en seront pour leurs frais. Il a escamoté le sujet, il a opposé le mépris à la curiosité populaire. On aurait apprécié que, pour le moins, il fît mine en quelques mots de s'excuser d'occuper un peu trop d'espace avec ses histoires intimes. Même pas. Voyons, on ne va pas s'abaisser au niveau de Sarkozy. Madame Royal et ses enfants apprécieront.
Seul relief qui émerge de cette morne plaine : l'information relative à la nomination de Lionel Jospin à la tête d'une commission de moralisation de la vie politique. L'initiative est excellente et le choix est bon. On est décidément plus à l'aise sur le terrain de la morale que sur celui de l'économie. C'est moins risqué.

L'analyse plutôt que l'action

En vérité, le propos le plus intéressant que l'on retiendra parmi ce tissu de banalités est étrangement niché dans la réponse du président à la question posée sur la crise du football français. Il dit ceci : "Je ne juge pas les résultats, mais l'attitude des joueurs." Il y a dans ces mots quelque chose de révélateur, si l'on veut bien s'amuser à extrapoler. Pourquoi donc ne juge-t-il pas les résultats ? Les résultats sont la fin, la sanction de toute entreprise humaine. Pourquoi s'intéresse-t-il si volontiers aux causes plutôt qu'aux effets, aux formes qu'au fond, aux comportements qu'à leurs conséquences ? Pourquoi est-il toujours davantage dans l'analyse que dans l'action, dans le jugement que dans la proposition, dans la morale que dans l'exécution ? Question subséquente : quel est son rapport réel au pouvoir ?
Écoutons de nouveau le discours d'hier. Le vocabulaire, d'abord : la référence à l'apaisement, au consensus, au compromis est constante. C'est bien, certes, mais peu stimulant dans un contexte de crise. Et d'ailleurs, il emploie peu le mot de crise. Jamais celui de rigueur, encore moins d'austérité. D'effort, en revanche, dont la connotation est plus douce. Est-ce que la brutalité du pouvoir l'effraierait ? Et à quelle mesure de pouvoir aspire-t-il réellement ? À l'entendre, c'est d'une mesure raisonnable : "Je ne veux pas décider tout seul. (...) Nous nous concerterons. (...) C'est au gouvernement de gouverner. (...) Je ne me mêlerai pas de la vie du Parti socialiste..." Où est passée l'autorité ? Quand le ton se fait ferme, on n'y croit pas vraiment...
Il se donne l'image d'un président modeste, alors que sa majorité a tous les pouvoirs. Est-ce une ruse, est-ce une volonté, est-ce dans sa nature ? Est-ce une attitude ? À la limite, peu importe. Nous, nous jugeons les résultats, comme au football.

Réaction de J-F Copé à l'annonce des suppressions de postes chez PSA

nouveau coup porté, en catimini et dans la plus grande déloyauté, au pouvoir d’achat des classes moyennes par la majorité de gauche

Jean-François Copé s’indigne du nouveau coup porté, en catimini et dans la plus grande déloyauté, au pouvoir d’achat des classes moyennes par la majorité de gauche
Après avoir décidé d’augmenter les cotisations des salariés pour financer le retour à la retraite à 60 ans, de doubler le forfait social sur l’intéressement et la participation et de taxer les heures supplémentaires, voilà que la majorité socialiste semble aller un degré plus loin dans le matraquage fiscal de tous les Français qui travaillent.

Les socialistes veulent en effet taxer rétroactivement toutes les heures supplémentaires effectuées par les salariés depuis le 1er janvier 2012. C’est un véritable coup de Jarnac pour tous ces Français qui pensaient légitimement que les heures supplémentaires qu’ils avaient réalisées depuis le début de l’année ne seraient pas fiscalisées et qui vont donc devoir payer des impôts qu’ils n’avaient pas prévus et provisionnés.

D’un point de vue économique comme d’un point de vue éthique c’est une décision particulièrement choquante : alors que François Hollande ne cesse de repousser les décisions essentielles pour défendre notre compétitivité, avec cette mesure, il s’empresse de ponctionner rétroactivement d’environ 1 milliard d’euros supplémentaires, le pouvoir d’achat des salariés, employés, ouvriers.

Cette manière d’agir brutale et lâche risque d’aggraver encore la situation sur le front de la croissance et du pouvoir d’achat. L’opposition combattra de toutes ses forces cette mesure profondément injuste.

Jean-François Copé
Secrétaire général de l'UMP

La compétitivité doit être au cœur du projet du gouvernement

La compétitivité doit être au cœur du projet du gouvernement

L'annonce de la suppression de 8000 postes chez PSA a été un réel choc. Mes premières pensées vont à ces salariés qui sont légitimement angoissés à l'idée de perdre leur emploi. Désormais, la cote d'alerte est dépassée. Nous devons tous prendre la mesure de la gravité de la crise que traverse l'industrie française : depuis le début des années 1980, nous avons perdu plus de 2 millions d'emplois industriels et aujourd'hui la situation est devenue intenable.

En tant que Secrétaire général du premier parti d'opposition, je l'ai dit clairement : nous serons aux côtés du gouvernement socialiste s'il s'agit de prendre des décisions en faveur de la compétitivité de notre économie pour préserver nos emplois. Mais, malheureusement, je veux dire ma grande inquiétude quand je vois que le gouvernement est incapable de prendre la moindre décision courageuse pour améliorer notre compétitivité. La conférence sociale organisée cette semaine en a été un incroyable révélateur. Toutes les décisions nécessaires ont été reportées à dans au moins un an, au motif qu'il faut organiser pour tous ces sujets un nombre incalculable de concertations, discussions, comités de travail en tous genres… Ces atermoiements sont inacceptables au regard de l'urgence de la situation et alors que les diagnostics sont déjà connus.

A ce décalage complet avec les réalités vient s'ajouter une série importante d'erreurs stratégiques commises par François Hollande et son gouvernement depuis près de deux mois. Hausse des cotisations sociales pour financer la retraite à 60 ans, taxation des heures supplémentaires, hausse du SMIC, suppression de la fiscalité anti-délocalisation : des mesures qui vont alourdir le coût du travail et donc dégrader notre compétitivité et accroître les délocalisations. En clair, depuis deux mois, le gouvernement fait tout l'inverse de ce qui est nécessaire pour protéger notre industrie.

A la veille de l'intervention télévisée de François Hollande pour le 14 juillet, j'en appelle au réalisme. L'heure est à la prise de décisions courageuses pour moderniser notre marché du travail et relancer efficacement notre croissance. Il n'y a pas d'alternative économique, il faut : une fiscalité anti-délocalisation qui baissera le coût du travail pour protéger les emplois, une renégociation des 35 heures par branche par branche, des accords compétitivité-emploi, une amélioration de la formation professionnelle avec un pari sur l'apprentissage et l'alternance, une défense de nos PME en leur réservant une part de la commande publique, un soutien accru à l'innovation avec la poursuite du crédit impôt-recherche et des investissements d'avenir, et plus de réciprocité dans nos échanges commerciaux. L'ensemble de ces dispositions peut nous permettre de relancer en peu de temps notre industrie à l'image de ce qu'a réussi l'Allemagne au cours des années 2000.

La gauche ne doit pas continuer à s'abriter derrière l'antisarkozysme, elle a tous les pouvoirs et doit donc prendre ses responsabilités en inscrivant dès maintenant la compétitivité au cœur de son projet économique.
Jean-François Copé

Conférence sociale : des paroles... mais pas d'actes

Lundi 9 juillet, François Hollande a ouvert la « grande conférence sociale » que le Premier ministre a clôturée le mardi 10 juillet. Mais il ne suffit pas de parler de dialogue social ou de vouloir l'inscrire dans la Constitution pour progresser sur la seule question qui vaille, c'est-à-dire celle de l'emploi !
1ère erreur : Jean-Marc Ayrault annonce près d'une dizaine de concertations, consultations, rapports d'experts, groupes de travail et que les premières décisions n'interviendront pas avant 2013 alors qu'il y a urgence à agir notamment sur l'emploi.

2ème erreur : les seules mesures concrètes qui ressortent de cette conférence sociale, consistent à revenir sur des dispositifs favorables à l'emploi et au pouvoir d'achat que nous avons mis en place (prime de partage de profit, accords compétitivité-emploi).

3ème erreur : les premières mesures du quinquennat prises sans concertation qui vont alourdir le coût du travail et fragiliser notre compétitivité (hausse du SMIC, taxation des heures supplémentaires, augmentation des cotisations sociales…) sont en totale contradiction avec les annonces faites par François Hollande et son Premier ministre qui affirment aujourd'hui qu'il faut revoir le mode de financement de notre protection sociale pour qu'il ne pèse pas exclusivement sur le travail… Où est la logique ? En tous cas, entendre François Hollande préconiser un transfert des charges pesant sur le travail vers la fiscalité, idée qu'il a combattue pendant toute sa campagne, c'est déjà une victoire pour la droite.

François Fillon, député UMP de Paris, ancien Premier ministre : Le gouve...

Point presse de Jean-François Copé du 11 juillet 2012

Point presse de Jean-François Copé du 11 juillet 2012 (partie 2)

Jean-François Copé : « C'est du cinéma alors qu'il y a urgence »

Jean-François Copé : « C'est du cinéma alors qu'il y a urgence »
Article paru dans Les Echos le 11 juillet 2012

Que vous inspire l'issue de la conférence sociale ?

Je suis inquiet. Cette conférence, c'est du cinéma. Tout le monde est pour une grande conférence sociale ! Mais ce qui compte, ce sont les décisions qui sont prises. Or on nous annonce des réformes, mais pas avant un an alors qu'il y a urgence. Ce que je constate, pour le moment, c'est que tout ce qui a été fait durant cet été vient plomber le pouvoir d'achat des Français et la compétitivité de nos entreprises : taxation des heures supplémentaires et de l'épargne salariale, augmentation des cotisations pour payer le retour partiel à la retraite à 60 ans et abrogation de la fiscalité antidélocalisation. Sans parler des hausses d'impôts à venir : en particulier celle de la CSG, qui va frapper tous les Français, et la fiscalité des dividendes, qui fera fuir les investisseurs.

Le dialogue n'est-il pas le meilleur moyen pour réformer au fond ?

Cette conférence, c'est le type de grand-messe incontournable en début de quinquennat. On va vite s'apercevoir qu'elle n'aboutira pas aux réformes courageuses et urgentes que l'on doit engager. Comparer les sessions parlementaires en 2007 et aujourd'hui est à ce titre édifiant. Il y a cinq ans, nous avions multiplié les réformes. Là, la pauvreté de la session parlementaire saute aux yeux. Un collectif budgétaire truffé d'augmentations d'impôts et sans une seule économie, et une loi, certes indispensable, sur le harcèlement sexuel. Ce n'est pas à la hauteur de la situation.

Une hausse de la CSG est-elle une bonne piste ?

La vérité, c'est que les socialistes font semblant de découvrir le problème du coût du travail après l'avoir nié pendant toute la campagne. Ils veulent remplacer la fiscalité antidélocalisation par une hausse de la CSG. Augmenter la CSG plutôt que la TVA, c'est taxer tous les Français, mais exonérer d'impôts les produits importés venant de pays où les charges sociales sont moins importantes. Je cherche toujours à comprendre la cohérence de la stratégie économique de François Hollande.

François Hollande a fait lundi du redressement des comptes sa priorité. Peut-on dire, comme le fait l'UMP, que le PS est dépensier et que sa rigueur sera brutale ?

Je suis depuis longtemps un promoteur de la rigueur et du sérieux budgétaires. Mais je ne vois pas comment on assainit les finances publiques avec le programme prévu. Aucune mesure n'est prise pour baisser les dépenses. Sur la fonction publique, les socialistes annoncent qu'ils arrêtent le « un sur deux » et dans le même temps qu'ils créent 12.000 postes chaque année dans l'Education. Pour rester à effectifs constants, ils vont être obligés de ne pas remplacer deux fonctionnaires sur trois dans tous les autres ministères. Ce n'est pas crédible ! Les trois erreurs stratégiques du collectif budgétaire sont assez fondatrices de l'esprit de ce quinquennat. La première, c'est d'augmenter les impôts massivement plutôt que de baisser les dépenses. La deuxième, c'est de matraquer les classes moyennes sur le plan fiscal tout en dévalorisant le travail. La troisième, c'est de fragiliser notre compétitivité en supprimant la TVA antidélocalisation.

La droite au pouvoir a-t-elle fait assez d'efforts ? Regrettez-vous d'avoir allégé l'ISF tout en gelant le barème de l'impôt sur le revenu ?

Cela n'a rien à voir. Il y a eu une mesure prise pour éviter qu'une surfiscalisation encourage des délocalisations de fortune. Mais tout cela doit être remis en perspective : cela représente des sommes sans commune mesure avec les enjeux budgétaires du pays. Je ne voudrais pas que l'on oublie tout ce qui a été fait pendant cinq ans pour les plus modestes, avec le RSA, l'augmentation de 25 % du minimum vieillesse et de l'allocation adulte handicapé ou les allégements sur les tranches les plus basses de l'impôt sur le revenu.

La hausse du chômage est-elle imputable à la nouvelle majorité ?

Il ne faut pas faire de mauvais procès. L'augmentation du chômage est d'abord imputable à la crise. En revanche, la mission du gouvernement est de tout faire pour faciliter la création d'emplois. Et pour cela, il ne faut ne pas charger la barque sur le plan fiscal. Stigmatiser les grandes entreprises et leurs profits, alourdir les charges pour les entreprises de taille moyenne, c'est tout l'inverse de ce qui devrait être fait ! Et voilà que, maintenant, la gauche veut un texte sur les licenciements boursiers. Le pire est à craindre pour la souplesse du droit du travail et donc pour l'emploi.

Voterez-vous le pacte budgétaire européen ?

Bien sûr. Je le voterai d'autant plus que François Hollande se sera converti à la « règle d'or », comme il s'est converti au traité lui-même.

Jean-Pierre Jouyet est-il un bon candidat pour la Caisse des Dépôts et Consignations ?

C'est un homme de grande qualité. Mais la question est de savoir si après avoir présidé la structure qui contrôle la totalité des établissements financiers français, on peut prendre la direction du premier établissement financier français, dont les activités de marché sont mondialement connues. J'ai, là-dessus, de sérieuses interrogations.

Que pensez-vous de l'idée de Valérie Pécresse d'un « ticket » avec François Fillon président de l'UMP et vous secrétaire général ?

Ceux qui sont entrés en campagne doivent accepter l'idée qu'une élection interne n'est pas une nomination. Il y aura nécessairement plusieurs candidats et ce n'est pas un drame. C'est une formidable opportunité pour les militants de se prononcer. Je suis au milieu d'eux depuis des années. Je vois bien qu'ils ont besoin de dire ce qu'ils ont sur le coeur en cette période de reconstruction.

François Fillon fait la course avec vous pour apparaître comme le premier opposant à la gauche. Mais qu'est-ce qui vous distingue ?

A la tête de l'UMP, j'ai un devoir vis-à-vis des militants : installer l'opposition parlementaire, c'est le plus urgent aujourd'hui. Nous sommes attachés à la construction européenne, à la rigueur budgétaire et à la compétitivité. Mais nous n'avons pas la même histoire électorale. Moi, je suis l'élu d'une ville qui est le reflet de la société française d'aujourd'hui. J'ai par ailleurs été le tenant d'une ligne opposée à toute alliance avec le FN mais qui n'entend pas appeler à voter pour des socialistes qui s'allient avec l'extrême gauche. J'ai tenu cette ligne et ça a été un différend entre nous. Le temps de la campagne viendra, après l'été. Les militants trancheront.

Propos recueillis par Isabelle Ficek et Pierre-Alain Furbury

Pour Franck Riester, la compétitivité est la grande absente de la conférence sociale

L’autosatisfaction affichée par les socialistes durant cette première journée de la conférence sociale dissimule mal la double erreur de diagnostic du Gouvernement.

D'une part, parce que François Hollande n'a pas pris la mesure de l'urgence de notre situation économique. Comme à son habitude, François Hollande a déclaré qu’aucune décision ne serait prise rapidement. Pourtant, la crise sans précédent que nous connaissons impose de prendre des décisions courageuses et urgentes et ce n'est pas la promesse du contrat de génération, qui ne sera pas opérationnel avant l'année prochaine, qui peut être satisfaisante. Les promesses incantatoires de François Hollande ou les gesticulations d’Arnaud Montebourg n'apportent aucune solution aux problèmes du chômage, de la formation professionnelle et surtout, de la compétitivité de notre économie.

D'autre part, et c'est une lourde erreur de diagnostic, la compétitivité demeure la grande absente de ce sommet social. Notre économie souffre avant tout d'un coût du travail trop élevé et d'un manque de flexibilité. François Hollande n'a fait aucune proposition concrète pour restaurer notre compétitivité, aucune des sept tables rondes du sommet social n'est consacrée à ce thème pourtant essentiel, et, pire : le Gouvernement a déjà pris la lourde décision de supprimer la TVA anti-délocalisation ! En matière de compétitivité, les divergences sont telles qu'il sera très difficile de parvenir à un accord dans les délais imposés par la compétition et la conjoncture économique mondiale. En refusant de trancher, le Gouvernement refuse de prendre ses responsabilités et démontre une nouvelle fois qu'il n'a aucune vision stratégique pour notre pays en matière économique.

Je regrette que les questions essentielles de la croissance, de la compétitivité, de l'emploi ou du pouvoir d'achat soient traitées par le Gouvernement avec autant de légèreté. Ces questions sont autant de défis que nous devons relever sans attendre. François Hollande doit désormais faire preuve de courage et prendre les décisions qui s'imposent.

Franck Riester
Député de Seine-et-Marne

Déterminée à mener une opposition ferme, l'UMP prépare la reconquête des territoires perdus

Municipales, cantonales, régionales, sénatoriales… L'organisation de notre parti, de ses instances, les méthodes à décliner pour reconquérir en 2014 les territoires perdus ont largement dominé, samedi, les débats et échanges des 350 délégués et responsables de circonscription, secrétaires et présidents départementaux, élus locaux et régionaux, parlementaires nationaux et européens, anciens ministres qui ont participé, samedi, au siège national de l'UMP, à une journée des cadres.

« Les combats que nous avons menés commandaient que l'on ne sépare pas avant les congés d'été sans un véritable échange avec vous qui avez porté la maison pendant ces six mois de campagne », lançait en préambule Jean-François Copé invitant tous les participants à s'exprimer librement et sans tabous, « à faire bouillonner le parti ».

Parité, cumul des mandats, respect intangible des règles du parti, culture et identité française, Français de l'étranger, Front national, ligne politique du parti… ont ainsi été débattus. Sans oublier la reconquête, dès 2014, des territoires perdus, thème repris aussi par les principaux orateurs de cette journée, Bernard Accoyer, François Fillon et Jean-François Copé.

Tous trois ont remarqué combien la campagne des présidentielle et législatives avaient « renforcé la flamme, l'enthousiasme, la mobilisation » des militants et des sympathisants. Un excellent terreau à leurs yeux pour faire pousser cette reconquête. « Il n'y a pas une minute à perdre », lance Bernard Accoyer pour qui cette reconquête passe par « le renouveau de nos candidats et équipes et la mise en valeur du gisement des jeunes militants ». Pour François Fillon il s'agit d'un « premier rendez-vous majeur ».

« C'est le temps de venir en politique, de faire émerger beaucoup plus de femmes et d'inviter tous les militants et sympathisants croisés lors des campagnes de s'investir » poursuit Jean-François Copé, qui prédit une vague bleue. Mais à plusieurs conditions : « toujours privilégier les débats de fond, être apte au combat, s'organiser et être méthodique ».

Ce moment d'échange a été aussi l'occasion pour de très nombreux intervenants de s'étonner et de condamner les voix discordantes de personnalités de notre famille politique sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

« La situation est grave. La France est dans l'épreuve. Nous avons perdu parce que nous avons été bousculés par la plus grande crise économique depuis 1930. Cette crise n'est pas finie et risque d'emporter l'euro. Alors, dans ce contexte, les critiques sur l'élection présidentielle sont dérisoires », note sévèrement François Fillon évoquant des « comportements misérables alors que le bilan du gouvernement de Nicolas Sarkozy est impressionnant et ne manquera pas d'être réévalué ».

Un avis partagé par Jean-François Copé. « Nicolas Sarkozy est pour nous une sacrée référence. Il nous a donné, tout au long de cette campagne, une leçon de vie. C'est un candidat à l'énergie exceptionnelle et je ne laisserai personne critiquer son magnifique bilan. Les commentaires de certains de nos amis montrent qu'ils se sont trompés d'époque ».

Mais la reconquête de 2014 doit également s'appuyer sur l'opposition que construit l'UMP et ses parlementaires face à une gauche qui emmène la France droit dans le mur avec des décisions empreintes de démagogie et dénuées de tout courage et réalisme. « Ce ne sont pas des erreurs ni des maladresses mais des fautes contre l'intérêt national. Quand la France court un si grand danger, notre devoir est de tout faire pour empêcher l'irréparable. Nous nous battons pour éviter que la France s'engage dans une glissade mortelle. Et la seule chose qui compte c'est le jugement de l'histoire qui retiendra la permanence et la clairvoyance de l'opposition », souligne François Fillon.

Dans le même esprit, Jean-François Copé souhaite que l'UMP mène une opposition « déterminée et pragmatique » face aux projets de la gauche. « Notre parti se grandira toujours à être républicain, moderne, ouvert au monde et décomplexée. Républicain c'est jouer pleinement son rôle d'opposant lorsqu'on estime que les décisions qui sont prises vont à l'encontre des intérêts de notre pays. Moderne car toujours en réactivité permanente par rapport aux grandes évolutions de la société. Ouverte au monde car nous devons sortir des débats franco-français dans lesquels se complait le parti socialiste qui ne fait pas face aux réalités du monde. Et décomplexée car nous aurons toujours une position ferme, conforme à nos valeurs, à notre vision de la société. Nous serons une droite de courage et de conviction ».

Réunion des cadres de l'UMP- Déclaration de Jean-François Copé

Editorial de Philippe Tesson dans le Point - Irresponsables ou démagogues ?

Budget, politique générale, le gouvernement Ayrault tâtonne. Au risque de précipiter la France dans l'abîme.

Jean-Marc Ayrault
Jean-Marc Ayrault© Lejeune / PhotoPQR / Le Parisien
La lecture du discours de politique générale du Premier ministre, mardi à l'Assemblée, est ahurissante. D'abord, l'épreuve est d'un ennui redoutable. Mais bon, on ne demande pas à Jean-Marc Ayrault d'être Bossuet, Chateaubriand et Jaurès réunis, l'époque n'est plus très exigeante et la culture parlementaire n'est plus ce qu'elle était. Un peu de lyrisme, d'éloquence, de charisme et d'écriture ne feraient toutefois pas de mal en une telle circonstance. Voilà pour la forme.
Mais le pire n'est pas là, il concerne le fond. Quel devait être, quel aurait dû être l'objet de cet exercice ? À l'évidence, de mobiliser et de rassembler les Français, dans le contexte de la crise dramatique que traverse le pays, autour d'une ambition collective et de l'énergie qu'exige sa réalisation, puis d'exposer les lignes essentielles de la politique que le gouvernement met en place pour assurer cette ambition. Au lieu de quoi le Premier ministre s'est enferré dans l'énumération greffière de ses propositions. Passe encore pour la partie de son discours relative au collectif budgétaire. Car là, il s'agissait de mesures concrètes, à effet immédiat, intéressant chacun de nous dans sa condition matérielle de contribuable. Ce n'était pas très agréable à entendre, mais il le fallait bien.

Un inventaire à la Prévert qui donne le tournis

Plus stupéfiante est la seconde partie de l'intervention, consacrée aux chantiers que s'apprête à ouvrir le gouvernement. À la lecture, leur inventaire à la Prévert donne le tournis. C'est un bric-à-brac non structuré et non hiérarchisé de projets multiples et divers, une brocante d'engagements qui vont du plus dérisoire au plus grave, qui s'appellent réformes, consultations, plans, mesures, conférences, créations, livres blancs, assises, lois et lois et lois... Toutes louables intentions dans la logique du nouveau pouvoir, mais affirmées dans un désordre qui laisse inquiet quant à la méthode employée et surtout dont le nombre impressionnant amène à se demander s'ils ne se "foutent" pas du monde pour utiliser le vocabulaire châtié de Moscovici. Et ils avaient le culot de dénoncer "l'agitation" de Sarkozy ! Et ledit Ayrault a le cynisme de déclarer que "les lois bâclées ne sont jamais appliquées". Ce qu'ils annoncent va bien au-delà d'une politique de réforme, c'est une véritable révolution, une révolution de nos codes, de nos systèmes, de nos structures et de nos moeurs. Le tout en cinq ans, sans un mot sur le coût de ce délire.

Pas assez d'argent pour boucler le budget

Or tout le problème est là. Peut-être leur projet est-il le bon. Et ils ont la légitimité pour l'accomplir puisqu'ils ont été élus grâce à l'appoint de voix inconscientes de gens comme François Bayrou qui les ont choisis tout en prévoyant avec lucidité qu'ils mèneraient la France à la catastrophe. Peut-être leur projet est-il le bon, mais à quel prix ? Et de quels moyens disposent-ils ? Il n'y a plus d'argent. Même plus assez d'argent pour boucler le budget. Leur tâche impérativement la plus urgente n'est-elle pas d'éviter la faillite ? Ils le savent si bien qu'ils vont taxer les entreprises au risque d'affaiblir encore leur compétitivité aux dépens de la croissance. Et les voilà qui promettent d'ouvrir sur tous les fronts des chantiers, comme si la réforme allait par miracle d'ici à la fin de 2013 produire des effets favorables à la croissance. Certes, ils ont cinq ans devant eux, mais ils n'ont que dix-huit mois pour réduire le déficit à 3 %.
Irresponsables ou démagogues ? Inconscients ou menteurs ?

Augmenter les impôts plutôt que baisser les dépenses, matraquer les classes moyennes, fragiliser notre compétitivité : les 3 fautes stratégiques du projet de loi de finances rectificative

Mercredi 4 juillet, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a présenté un projet de loi de finances rectificative qui se traduit par une augmentation d'impôts de 7,2 milliards € qui vont essentiellement frapper les classes moyennes et les salariés.

1/ Première erreur stratégique : augmenter les impôts plutôt que de baisser les dépenses.
  • Nous nous retrouvons dans l'obligation de trouver plus de 7 milliards € pour respecter notre objectif de 4,5% de déficit en 2012. Cet effort sera porté à près de 90% sur l'augmentation des impôts, et à peine à plus de 10% sur la baisse des dépenses publiques.
  • Augmenter encore les impôts dans un pays où la pression fiscale est déjà trop haute, c'est prendre le risque de casser l'activité économique.
2/ Deuxième erreur stratégique : matraquer les classes moyennes et dévaloriser le travail.
  • Avec la taxation des heures supplémentaires, plus de 8 millions de salariés perdront en moyenne 500 euros par an.
  • Avec l'augmentation du forfait social sur l'intéressement et la participation…
3/ Troisième erreur stratégique : fragiliser notre compétitivité.
  • Le gouvernement a prévu de supprimer la fiscalité anti-délocalisation qui allégeait les charges patronales et protégeait l'emploi de 14 millions de salariés.
  • Le gouvernement augmente le coût du travail avec la hausse des cotisations sociales, avec la taxation des heures supplémentaires.
  • Cette fragilisation de notre compétitivité se traduira par une hausse du chômage.

Audit de la Cour des Comptes : un quitus de bonne gestion pour l'ancienne majorité et un avertissement pour François Hollande

1/ La Cour des Comptes, autorité indépendante, vient de casser le mythe de « l'ardoise cachée » que la gauche tentait d'instrumentaliser pour justifier ses futures hausses d'impôts. Mieux, elle valide, point par point, notre stratégie de redressement des comptes et invite fortement François Hollande à la poursuivre.
  • Le quitus de bonne gestion pour la majorité sortante ne souffre aucune contestation.
  • Les principes généraux recommandés par la Cour valident entièrement notre stratégie et invalident totalement celle défendue par François Hollande et Jean-Marc Ayrault : il faut réduire les dépenses publiques, améliorer la compétitivité, rééquilibrer les comptes sociaux et inscrire une règle d'or dans la Constitution.
2/ Nous avons entendu des accusations assez inacceptables et outrancières notamment de Pierre Moscovici sur notre gestion (« ils n'ont rien foutu » « qu'ils se taisent »). Nous ne laisserons personne salir le bilan de la majorité sortante : grâce à l'action de Nicolas Sarkozy, la France s'en sort mieux que la plupart des pays développés !

3/ En revanche, s'il n'y a pas d'ardoise cachée, il y a déjà une facture bien réelle qui est celle du premier mois de présidence de François Hollande : 20 milliards € de dépenses supplémentaires qui seront financées par des hausses d'impôts sur les classes moyennes.

Kikadikoi : La redevance sur les écrans d'ordinateurs

Article du Progrès du 6 juillet 2012

Un discours de politique générale du Premier ministre sans courage ni vision

1/ Lors de son discours de politique générale, Jean-Marc Ayrault nous a fait un long catalogue d'annonces démagogiques et floues, sans ligne stratégique : on ne sait toujours pas ce qu'il veut pour la France !

2/ Jean-Marc Ayrault s'est inscrit dans la ligne de la campagne de François Hollande :
  • Un antisarkozysme de combat, encore omniprésent, même après la campagne.
  • Un flou permanent, avec l'annonce d'un agenda de concertations sans colonne vertébrale.
  • Une accumulation de contre-vérités. Par exemple, la Cour des Comptes n'a pas condamné la gestion du précédent gouvernement, elle l'a au contraire validée.
  • Une absence criante de courage. Face à la dette, le Gouvernent Ayrault n'annonce que des hausses d'impôts sans baisses de dépenses.
3/ Plus largement, ce qui nous inquiète, pour la France et les Français, dans le discours de Jean-Marc Ayrault c'est :
  • Le choix d'augmenter les impôts plutôt que de réduire les dépenses, avec des annonces qui visent à cacher que ce sont les classes moyennes qui vont payer ces augmentations d'impôts.
  • Le refus de prendre en compte le défi de compétitivité, avec la suppression de la fiscalité anti-délocalisation, de l'exonération des heures supplémentaires et l'augmentation des cotisations sociales.
  • L'absence de volonté de réforme de structure : retour à la retraite à 60 ans, suppression de la réforme territoriale…
  • La fragilisation du pacte Républicain et de nos institutions, avec le droit de vote des étrangers et l'introduction de la proportionnelle.
  • Le démantèlement de notre industrie nucléaire, alors que les prix de l'énergie flambent.
  • La défiance introduite au cœur du couple franco-allemand, qui est un frein à la convergence européenne, nécessaire pour lutter contre la crise.

Article dans le Progrès du 5 juillet 2012