Déception et inquiétude suite aux annonces de rentrée de Jean-Marc Ayrault

Jean-François Copé veut dire sa déception et son inquiétude suiteaux annonces de rentrée de Jean-Marc Ayrault.
 
Alors qu’il y a urgence à agir, la rentrée politique de FrançoisHollande et de son gouvernement s’inscrit dans la droite ligne des 100 premiersjours, marquée par l’indécision, l’irresponsabilité et le manque de courage etde stratégie économique. Jean-Marc Ayrault continue d’égrainer les mesurettesinefficaces et les dépenses qui ne se traduiront demain que par des impôtssupplémentaires pour les Français et les entreprises.
 
Jean-François Copé appelle solennellement François Hollande et sonGouvernement à prendre la mesure de la crise et à engager une politique globaleambitieuse pour renforcer la compétitivité, le développement industriel,l'emploi...
 
L’anti-sarkozysme qui a marqué les 100 premiers jours ne peutconstituer la seule et unique ligne politique de la gauche. Loin de cettepolitique confuse marquée par le sectarisme, la France et les Français ontbesoin de décisions courageuses et d’une vision stratégique de long terme. Letemps passe, le monde avance. La France ne peut pas se payer le luxe d’attendreet de reporter les décisions courageuses sur la dette, sur le coût dutravail...
 
Alors que notre ambition devrait être de nous rapprocher del’Allemagne d’Angela Merkel, les décisions de François Hollande vont nousramener à l’Espagne de Zapatero.
 
Jean-François Copé
Secrétaire général de l'UMP

Récidivistes : Imposture dangereuse de la Gauche au pouvoir

Ce mercredi, en conseil des ministres, le Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, a indiqué que "le Ministère de la Justice travaille à un projet de loi sur l'individualisation de la peine et la lutte contre la récidive". Cette annonce gouvernementale concrétiserait donc les déclarations de François Hollande du 14 aout à Pierrefeu-du-varsuite suite à l'assassinat de 2 gendarmes le 17 juin par un récidiviste.

Mais Jean-Marc Ayrault a passé sous silence que le 31 juillet 2012, les sénateurs socialistes ont déposé une proposition de loi qui prévoit l'abrogation des articles L706-53-13 et L706-53-22 du code de procédure pénale qui régissent la rétention et la surveillance de sureté !

Ce sont ces articles qui permettent, à titre exceptionnel, de retenir les personnes condamnées à une peine de réclusion criminelle d'une durée égale ou supérieure à 15 ans et qui à l'issue de leur peine, présentent une probabilité très élevée de récidive et une particulière dangerosité résultant d'un trouble de la personnalité.

Double discours ? Non maitrise des dossiers ? Cacophonie gouvernementale ?

Bruno Beschizza, Secrétaire National de l'UMP, exige donc du Premier Ministre qu'il clarifie la doctrine de son gouvernement concernant le suivi de certains prédateurs violeurs ou tueurs. Cette gauche doit cesser l'imposture qui consiste à faire des déclarations publiques martiales... systématiquement contredites par des décisions laxistes ne bénéficiant qu'aux voyous.

Bruno Beschizza
Secrétaire national de l'UMP

L'immobilisme du tandem Hollande - Ayrault

Franck Riester dénonce les mesures en trompe-l'oeil qui masquent mal l'immobilisme du tandem Hollande - Ayrault

Les déclarations de Jean-Marc Ayrault ce matin sur BFM TV / RMC ont une fois de plus révélé au grand jour les incapacités criantes du Gouvernement et du Président de la République.

A l'image des premières décisions du quinquennat, dictées par le culte des dépenses publiques et des hausses d'impôt, les mesures annoncées ce matin ne sont pas mieux inspirées. Une fois encore, les socialistes se montrent incapables de proposer des solutions courageuses et adaptées aux défis que nous rencontrons.

Sur le front du chômage, par exemple, le Gouvernement n'a toujours pas pris de décision forte, et se contente d'annoncer la création d'emplois aidés coûteux et éphémères dans le secteur public. Une fois de plus, la compétitivité de notre économie est la grande oubliée. Plus que jamais, l'Etat doit encourager nos PME, accompagner les secteurs qui créent des emplois et réduire le coût du travail au lieu de dilapider l'argent public.

Sur cette question cruciale, comme sur la question des comptes publics, de la sauvegarde de la zone euro, de l'arrêt des massacres en Syrie, du rétablissement de l'autorité, François Hollande et son Gouvernement ne proposent aucune solution à la hauteur des enjeux.

Au pire moment, alors que le monde bouge et que la France a besoin d'un leadership fort et résolu, le Président de la République et son Premier Ministre sont incapables de prendre les bonnes décisions et se contentent de mesures en trompe-l'œil qui masquent mal leur immobilisme.

Franck Riester
Député de Seine-et-Marne
Secrétaire national de l'UMP

Editorial d'Yves Thréard dans le Figaro du 22 août 2012

Du courage, vite !

François Hollande n'aurait pas dû prendre de vacances. L'objectif des photos prises à Brégançon était d'insister encore un peu plus sur l'image d'un président dit «normal». Mais l'opération était tellement cousue de fil blanc qu'elle a viré à la caricature. Et, à écouter les commentaires faits ici et là en cette rentrée, cette posture semble de moins en moins comprise et acceptée.
Le chef de l'État doit changer d'attitude, de braquet dans la conduite des affaires. Face à l'ampleur des problèmes qui se posent à notre pays, les Français veulent un président au travail, actif et réactif.
La mise en scène des cent premiers jours présidentiels ne sied pas à la gravité de la situation. La patience a ses limites. On ne peut plus se contenter d'à-peu-près dans les discours et de louvoiements dans la prise de décision ; de faux-semblants dans nos rapports avec l'Allemagne d'Angela Merkel et de hochets distribués à telle ou telle clientèle électorale pour faire diversion. Quant à l'antisarkozysme, qui a tenu lieu de politique pendant trois mois, il paraît usé jusqu'à la corde.
François Hollande est désormais face à lui-même. Sa première tâche est d'assainir les comptes de la nation. L'urgence est grande si la France veut retrouver le chemin de la croissance et ne pas tomber dans la catégorie des plus mauvais élèves européens. Or rien de ce que l'on sait de la préparation du budget 2013 ne permet de penser que ce défi puisse être relevé. Non seulement les fortes augmentations d'impôts prévues décourageront l'initiative, mais elles ne compenseront pas le train fou des dépenses publiques. C'est tout un état d'esprit qu'il convient de corriger. Malheureusement, celui du chef de l'État est tourné vers la préservation des 35 heures et la chasse aux riches plus que vers la recherche de compétitivité de notre économie.
Voilà, pour le coup, qui n'est pas «normal», quand la croissance est nulle, le chômage en hausse et l'investissement en berne. C'est dire combien François Hollande devra faire un gros travail sur lui-même s'il trouve enfin le courage d'avouer la vérité aux Français.

La pépère-mobile

Jean-François Copé sur BFMTV : « Hollande fait une chasse aux sorcières »

Edito du Figaro du 21 août 2012 : Une nouvelle épreuve pour Hollande et Merkel

La France et l’Allemagne vont-elles surmonter leurs divergences sur l’euro et adopter une attitude commune face à la Grèce ? Si, à peine rentrés de vacances, Angela Merkel et François Hollande se retrouvent jeudi à Berlin, c’est bien parce que cette question, qui handicape l’économie européenne, n’a toujours pas été tranchée. Avant l’été, le président français se faisait l’avocat des pays du Sud pour arracher des concessions à l’Allemagne. Maintenant, voilà que les Grecs demandent des délais supplémentaires pour revenir à l’équilibre budgétaire - ce qui était attendu - et ne parviennent même pas à trouver les économies nécessaires au plan de sauvetage déjà adopté - ce qui est une mauvaise nouvelle supplémentaire.
Angela Merkel veut bien aider Athènes mais ne peut pas jeter l’argent de ses concitoyens dans un puits sans fond. En Allemagne et dans le nord de l’Europe, de plus en plus nombreux sont ceux qui pensent que la zone euro devrait se passer de la Grèce. La chancelière résiste, parce qu’elle mesure le risque d’une désintégration de la monnaie unique. Mais sa marge de manoeuvre se réduit. Elle a besoin de la France pour faire comprendre aux Grecs que la récession qu’ils subissent ne les autorise pas à exiger un traitement de faveur.
François Hollande est préoccupé par les sacrifices que font les Grecs et voudrait qu’on leur montre la lumière au bout du tunnel. S’il est plus généreux qu’Angela Merkel, il faut tout de même rappeler que cela va coûter de l’argent à la France. Et cela au moment où chacun se demande comment notre pays va trouver 33 milliards d’euros pour ramener, comme prévu, son déficit à 3 % du PIB, en 2013. François Hollande aurait-il une autre idée en tête : demander, à son tour, à l’Allemagne un assouplissement des règles budgétaires, au vu de l’absence de croissance en France? Si l’on veut éviter l’éclatement de la zone euro, il y a là une incertitude à dissiper au plus tôt.

Edito du Figaro du 20 août 2012 : Si la France aimait les entrepreneurs

Incorrigible France !
Jusqu’à ce week-end, Patrick Ricard appartenait à la classe honnie du CAC 40, ce nouvel ennemi du peuple, clouée au pilori pour ses superprofits, ses superdividendes et ses supersalaires. Depuis son décès brutal, vendredi, il recueille un hommage unanime, digne de ceux rendus aux grands hommes de la nation. Le voilà élevé au rang de « patron visionnaire » et d’entrepreneur « emblématique de la réussite française dans le monde » par un gouvernement qui n’emploie pas exactement le même langage - c’est un euphémisme - à l’égard de ceux qui se battent au quotidien pour gagner des marchés et développer leur entreprise à travers la planète. Bien que tardif, cet hommage posthume est pleinement justifié. Avec Patrick Ricard, la France vient de perdre un grand chef d’entreprise. Homme discret et modeste, le fils de l’inventeur du célèbre pastis a hissé en quelques années son groupe familial sur le toit du monde des boissons alcoolisées avec une rare agilité. Et aujourd’hui, la saga Ricard fait incontestablement partie de ces belles - mais trop rares - réussites entrepreneuriales dont le pays a tant besoin pour se relever.
Le paradoxe veut que, derrière son pessimisme désespérant et la défiance de ses élites à l’égard du monde de l’entreprise, la France ne manque ni de talents, ni de créateurs, ni d’entrepreneurs. Ils ne demandent qu’à s’exprimer. Encore faudrait-il pour cela que l’initiative cesse d’y être entravée par une politique fiscale et sociale dissuasive ; que le succès y soit célébré et non stigmatisé ; que l’argent n’y soit plus considéré comme une maladie honteuse. De même existe-t-il de grands groupes étrangers prêts à investir dans notre pays. Encore faudrait-il leur assurer un environnement réglementaire stable, une liberté d’action encadrée mais équitable, ainsi qu’un traitement politique raisonnable. Le géant Unilever, pris au piège de l’affaire Fralib, ne demande pas autre chose. Il n’est pas interdit de rêver à un retour de l’investissement, de la croissance et de l’emploi. Mais à une condition : que la France montre qu’elle aime ses entreprises et ses entrepreneurs.

68e anniversaire de la Libération de Villeurbanne, samedi 1er septembre 2012

10h : dépôt de gerbes devant la plaque, Esplanade Geneviève Anthonioz-de-Gaulle (angle rue F. de Pressensé/rue Billon)
10h15 : rassemblement 6 avenue H. Barbusse
10h30 : départ du défilé jusqu'à la place Lazare-Goujon
10h45 : dépôt de gerbes, devant le monument de la Libération, place Lazare-Goujon
11h : allocutions sur le parvis de l'hôtel de ville, avenue Aristide-Briand

Quand le PCF voulait « arrêter l’immigration »

Il y a 30 ans, Georges Marchais n’avait pas peur des mots
Un maire de banlieue parisienne a suspendu quatre animateurs d’une colonie de vacances qui avaient jeuné pendant le Ramadan, arguant d’une possible mauvaise condition physique. Cet édile a reçu le soutien du FN. Mais devant la bronca, il a finalement décidé de ne plus imposer aux animateurs de s’alimenter en août « pour apaiser le débat ». Or, cet élu n’est pas un fan de Claude Guéant ou un sympathisant de Riposte Laïque, c’est Jacques Bourgoin, maire de Gennevilliers et membre du… PCF.
Un maire de banlieue parisienne a suspendu quatre animateurs d’une colonie de vacances qui avaient jeuné pendant le Ramadan, arguant d’une possible mauvaise condition physique. Cet édile a reçu le soutien du FN. Mais devant la bronca, il a finalement décidé de ne plus imposer aux animateurs de s’alimenter en août « pour apaiser le débat ». Or, cet élu n’est pas un fan de Claude Guéant ou un sympathisant de Riposte Laïque, c’est Jacques Bourgoin, maire de Gennevilliers et membre du… PCF. Jacques Bourgoin s’est déjà fait connaître en mars 2011 en imposant un couvre-feu aux mineurs de sa ville après la mort d’un jeune dans des violences entre bandes rivales. Une telle fermeté vient-elle d’une quête des voix FN ? Bourgoin n’en a pas spécialement besoin. A Gennevilliers, Marine Le Pen n’a recueilli que 10,71% des voix à la présidentielle (contre 17,9% au plan national), à l’inverse Mélenchon a obtenu 28,04% des voix et Hollande 40,30%.
Autre élu PCF aux positions atypiques : Patrice Carvalho, député-maire de Thourotte. Ce dernier s’est opposé au droit de vote des étrangers en des termes forts. « L’intégration ne se fait pas par le vote, mais en parlant la langue et en participant à la vie collective », avait-il clamé dans Le Monde, dénonçant « les dames qui ont des foulards sur la tête et qui ne parlent pas français ». Mais à l’inverse de Bourgoin, Carvalho est soumis à une forte concurrence du FN. Il a été élu député en juin dans une triangulaire avec l’UMP et FN et Marine le Pen a obtenu 25,54% des voix dans sa ville lors de la présidentielle.
Il y a aussi le cas d’André Gérin, ex-député de Vénissieux qui fut un fervent partisan de l’interdiction du voile intégral. En juin 2011, il avait publié un billet sur son blog estimant que « l’immigration n’est pas une chance pour la France » et que « limiter y compris l’immigration régulière devient vital face une situation intenable et explosive dans des centaines de villes populaires ». Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, avait qualifié ses propos d’ « indignes ».
Pourtant, Gérin n’est pas le premier communiste à réclamer une limitation de l’immigration. En janvier 1981, c’était le cas de… Georges Marchais. Le secrétaire général du PCF adresse alors une lettre au recteur de la Mosquée de Paris Hamza Boubakeur. A l’époque, le maire giscardien de Saint-Maur des Fossés fait détruire un foyer d’immigrés et les renvoie vers la ville communiste de Vitry. Les immigrés s’abritent dans un foyer insalubre. Face au danger, le maire PCF fait détruire ce foyer. Loin de condamner son élu, Marchais prend la plume pour répondre au recteur de la Mosquée de Paris. Pour lui, la destruction du foyer de Vitry n’était qu’une « riposte à l’agression raciste » du maire de Saint-Maur, qui refusait de prendre sa part dans l’accueil des immigrés. Marchais va plus loin et « approuve (le) refus (du maire de Vitry) de laisser s’accroître dans sa commune le nombre, déjà élevé, de travailleurs immigrés ». Ce que craint Marchais, c’est le coût de l’immigration dans les communes les plus pauvres : « Les charges d’aide sociale nécessaire pour les familles immigrées plongées dans la misère deviennent insupportables pour les budgets des communes peuplées d’ouvriers et d’employés ». Il dénonce aussi une pression sur les salariés les plus précaires : « Quant aux patrons et au gouvernement français, ils recourent à l’immigration massive, comme on pratiquait autrefois la traite des Noirs, pour se procurer une main-d’œuvre d’esclaves modernes, surexploitée et sous-payée ». Et il conclut : « C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage ». Marchais lie donc fermeté sur l’immigration et pensée communiste. Pour lui, la limitation de l’immigration relève bel et bien de la protection des travailleurs et non de préjugés racistes. Sauf à penser que le dirigeant d’un parti historiquement anti-colonialiste et antifasciste serait en fait un agent double de l’extrême droite, haïssant l’islam et les Maghrébins.
En février 1981, Marchais récidive. Il se rend à Montigny-les-Cormeilles, ville dirigée par un certain Robert Hue. A l’époque, le futur successeur de Marchais venait de manifester devant le logement d’une famille accusée de trafic de drogue. Dans son discours, Marchais, vient une fois de plus au secours de son élu : « Nous posons le problème de l’immigration, ce serait pour favoriser le racisme ; nous menons la lutte contre la drogue, ce serait parce que nous ne voulons pas combattre l’alcoolisme prise par notre clientèle (…) Pour la jeunesse, je choisis l’étude, le sport, la lutte et non la drogue (…) Alors, comme l’autre jour un dirigeant socialiste, ils crient tous en chœur : ‘pétainisme !’ Quelle honte, quelle idée lamentable ces gens-la se font des travailleurs (…) Je le dis avec toute la force de mon indignation, de telles attaques ne déshonorent que leurs auteurs et ils ne méritent que le mépris ». On répondra que Marchais cherchait déjà à éviter la concurrence du FN. Sauf que début 81, le FN est groupusculaire.
En 1980, le parti frontiste ne compte que 270 adhérents. Aux législatives de 78, le FN n’a obtenu que 0,33% des voix. Il faudra attendre Dreux et les élections cantonales de 82 pour assister à la première éclosion du Front. A cette époque, la concurrence au PCF vient plus du PS et de Mitterrand que de Jean-Marie Le Pen. La ligne Marchais n’est donc une surenchère autour de l’extrême droite. Au contraire, défendre l’autorité de l’Etat, réguler les frontières, c’est défendre les classes populaires. C’est s’assurer que les habitants des HLM ne croisent plus de dealers en bas de leur immeuble, c’est équilibrer le marché du travail au profit des plus précaires. De même, défendre la laïcité et l’intégration, c’est assurer la cohésion républicaine contre le repli sur soi dans les quartiers les plus pauvres. Aujourd’hui, les choses ont changé. Au delà des prises de positions de Gérin et autre, le PCF a adopté une ligne laxiste en matière d’immigration, de laïcité et de sécurité par hostilité à tout ce qui ressemble de près ou de loin à du lepénisme. Cette évolution est facile à comprendre. La rupture du PCF avec les positions de Marchais va de pair avec la perte de son identité ouvrière et sa recherche d’un nouvel électorat. Mais le parti va-t-il finir comme le PS et succomber au discours de Terra Nova, abandonnant ainsi les classes populaires au profit des jeunes, des diplômés, des femmes et des minorités ? Triste destin. En cherchant à gagner quelques voix chez les bobos, le PCF perdra à coup sûr son âme. Mais n’est-ce pas déjà le cas ?
Article de Tefy Andriamanana dans causeur.fr

Eric Ciotti sur RTL


Eric Ciotti : "La désespérance sociale ne... par rtl-fr

Les tristes vacances des grandes valeurs

La chronique d'Yves de Kerdrel du Figaro

En pleine léthargie estivale, le Journal du dimanche du 5 août dernier nous a livré son classement habituel des personnalités préférées des Français. Tristes trophées. Là où nos concitoyens avaient le loisir de laisser parler leur admiration pour de grandes personnalités morales, politiques, voire religieuses, ils ont placé sur la première marche de ce podium Yannick Noah, ex-champion de tennis, reconverti dans la chanson, connu aussi pour ses démêlés fiscaux. Ce qui lui vaut aujourd'hui d'être devenu l'icône de la «gauche caviar»! Autres lauréats de ce concours de popularité: l'acteur Omar Sy, vedette du film Intouchables, qui vient de décider de déménager en Californie ou le footballeur Zinédine Zidane, qui vit en Espagne.
La seule personnalité morale figurant dans ce classement est Simone Veil. A contrario, depuis la mort de l'abbé Pierre et de sœur Emmanuelle, la plus fidèle abonnée de ce palmarès est l'actrice Mimie Mathy, qui doit sa célébrité à son rôle principal dans la série Joséphine ange gardien, où elle incarne une sorte de fée Clochette moderne qui résout tous les problèmes de la vie quotidienne. Les Français seraient-ils devenus fatigués au point d'aduler une Mary Poppins des temps modernes plutôt qu'un philosophe, un écrivain, une personnalité politique incontestable? Ou bien faut-il chercher l'explication de ce choix dans la fameuse formule d'Henri Weber: «La vacance des grandes valeurs fait la valeur des grandes vacances» ?
Hélas, ce simplisme «franchouillard» semble bien ressembler à une triste exception. Le même sondage réalisé par Gallup aux États-Unis, il y a six mois à peine, plaçait parmi les dix personnalités préférées des Américains quatre figures politiques (Barack Obama, George Bush, Hillary Clinton et le républicain Newt Gingrich), trois personnalités religieuses (le révérend Graham, le pape Benoît XVI et le chef de file des mormons), mais surtout trois chefs d'entreprise, véritables stars de la création de richesse: l'investisseur Warren Buffett, le promoteur Donald Trump et Bill Gates, le fondateur de Microsoft.
Il est arrivé, par le passé, que des grandes figures politiques, religieuses ou intellectuelles fassent bonne figure dans le classement du journal dominical. Mais jamais des créateurs d'entreprise, des capitaines d'industrie ou des aventuriers du capitalisme n'ont été portés au pinacle de la popularité des Français. La détestation de nos concitoyens pour l'argent - si bien décrite par Luc Ferry dans sa chronique du 9 août - explique cette impressionnante dissymétrie entre les résultats d'un même sondage réalisé des deux côtés de l'Atlantique. Quoiqu'un Zidane ou un Noah gagnent autant d'euros qu'un patron du CAC 40! Non, si ne figure dans ce classement aucun héros de l'industrie française ou des services, comme Martin Bouygues, Pierre Bellon, Bernard Arnault, Vincent Bolloré ou François Pinault, c'est qu'en France la réussite est par nature suspecte. Elle ne suscite pas l'enthousiasme, le respect ou l'admiration, mais, au contraire, la méfiance, la suspicion, voire même une jalousie teintée de détestation.
Et ce ne sont pas les mesures fiscales à l'étude par le gouvernement socialiste qui vont permettre d'inverser la vapeur. Alors que 47 % des jeunes Français ayant entre 18 et 24 ans rêvent de créer leur entreprise, la nouvelle majorité s'apprête à couper les ailes du capital-investissement, qui est fait pour les aider. Ce secteur consiste en effet à appuyer 5 000 entreprises, dont une grande majorité de PME. Des gestionnaires avisés y placent les fonds d'investisseurs aisés et encaissent quelquefois une jolie plus-value, lors de la revente de ces participations. Cet «écosystème» qui ne demande rien à personne a permis de créer et de défendre des milliers d'emplois et surtout de faire éclore des talents de la nouvelle économie.
Mais les socialistes, qui avaient pourtant là une bonne occasion de cajoler ces nouveaux témoins de «l'audace créatrice», veulent à la fois étrangler les fonds d'investissement en les empêchant de s'endetter aussi facilement que par le passé, et en taxant plus fortement les plus-values qui les font vivre. Si bien que les 3.000 professionnels de ce secteur commencent à réfléchir à un déménagement vers des contrées moins hostiles à la création de richesses.
Voilà une nouvelle expression de ce mal français si justement décrit par Alain Peyrefitte dès 1976. Un mal fait par une poignée d'idéologues qui sapent ce qu'il reste de notre société de confiance, dans laquelle peuvent éclore et croître de belles entreprises, au profit de cette «société à irresponsabilité illimitée» qui conduit les Français à penser que leurs problèmes vont être résolus demain par une Mimie Mathy, claquant de ses deux doigts. À force de chasser les créateurs de richesses et donc d'emplois, il ne faudra pas s'étonner que le prochain classement des Français les plus populaires soit truffé de représentants de cette seule société du divertissement, chargés, tels de nouveaux pasteurs, de faire avancer nos concitoyens vers le bonheur et l'assistanat, tel un troupeau grégaire.

Roms : inconséquence et mensonge

L'éditorial d'Yves Thréard du Figaro du 16 août 2012.

Au cœur de l'été 2010, la gauche n'avait pas de mots assez durs pour condamner les évacuations de campements roms ordonnées par Nicolas Sarkozy. Une politique de «stigmatisation» qui, disait-elle avec grandiloquence, rappelait les heures les plus sombres de notre histoire.
Deux ans plus tard, la gauche est au pouvoir. Le moins que l'on puisse dire est qu'elle a perdu de sa superbe. Les Roms sont toujours là et que fait-elle? Démantèlement des camps et charters pour la Roumanie. Comme l'ancienne majorité. Seule différence: le chœur des donneurs de leçons est privé de quelques-uns de ses ténors. Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry notamment, à présent débordés et confrontés eux-mêmes au «casse-tête» des Roms dans leur ville de Nantes et de Lille. C'est dire la dose d'hypocrisie de l'antisarkozysme.
Dans la position de l'arroseur arrosé, le gouvernement cherche à se donner bonne conscience. Convoquée la semaine pro­chaine, une réunion interministérielle doit trouver des réponses, autres que «répres­sives», aux regroupements illégaux de Roms en France.
Il est question de faciliter leur accès au logement et au travail. Une politique de bons sentiments qui n'est que mépris, inconséquence et mensonge. Elle encouragerait leur venue en masse, créerait une discrimination par rapport aux immigrés en situation régulière, susciterait la colère des élus locaux de tous bords et de leurs administrés, excédés par la présence d'une population non sédentaire, au mode de vie si lointain du leur. Et nul ne peut croire que nous puissions leur trouver un toit et un emploi alors que nous en manquons cruellement.
Le gouvernement serait mieux inspiré en faisant pression sur leurs pays d'origine. Sur la Roumanie et la Bulgarie, qui fuient leurs responsabilités. L'urgence commande aussi un meilleur contrôle des quelque 15 milliards d'euros débloqués par l'Union européenne entre 2007 et 2013, prétendument pour faciliter l'intégration de cette minorité. L'humanisme n'exclut pas le réalisme.

Le président Hollande et la sécurité

Le président Hollande, à Pierrefeu-du-Var, a tenu des propos très convenus : il est pour la sécurité, contre la délinquance. L'affichage d'intentions contraires aurait été étonnant.

Mais sur le fond, le discours du président de la République comporte deux insuffisances préoccupantes.

D'une part, la confirmation des "zones de sécurité prioritaire" est une mauvaise nouvelle pour l'immense majorité du territoire national, jugée non prioritaire par le gouvernement. Plutôt que rechercher à promouvoir la sécurité partout et pour tous, le président Hollande considère que la plupart des Français doivent vivre dans une "seconde zone" où la sécurité n'est pas une priorité.

D'autre part et surtout, le discours présidentiel sur la lutte contre la récidive est totalement contredit, dans les faits, par les choix de politique pénale d'ores et déjà mis en oeuvre par la ministre de la justice. Je prendrai un seul exemple : le traitement des criminels les plus dangereux et les plus violents, ayant purgé une peine de réclusion d'une durée égale ou supérieure à quinze ans pour les crimes d'assassinat ou de meurtre, de torture ou actes de barbarie, de viol, d'enlèvement ou de séquestration commis sur une victime particulièrement vulnérable. La précédente majorité a voté la loi du 21 février 2008 permettant que de tels criminels puissent être maintenus en rétention après l'expiration de leur peine de prison. Cette rétention de sûreté est pourtant combattue avec acharnement par Christiane Taubira, comme elle l'a annoncé dans son entretien à Libération la semaine dernière ("Regardez la rétention de sureté. Comment a-t-on pu faire avaler ça à un pays comme la France ! Il y a un patrimoine de valeurs, c'est un pays qui a une histoire de lutte, un pays qui se perche, surplombe le monde et lui explique la valeur de l'individu. Eh bien c'est dans ce pays qu'on a réussi à rendre acceptable la rétention de sureté ! Soyons clair, ça, c'était une parenthèse. Moi, je vais la fermer.").

Au total, dans son discours de Pierrefeu, le président Hollande n'a pas su fixer un cap clair pour garantir la sécurité des Français. C'est au Parlement, lors de l'examen des budgets et des projets de loi présentés par le Gouvernement, que sonnera l'heure de vérité.

Guillaume LARRIVÉ
Député UMP de l'Yonne

Sécurité : En 100 jours, la peur a changé de camp !

Bruno Beschizza, Secrétaire National de l'UMP à l'emploi des forces de sécurité, dénonce la dégradation des conditions de travail des policiers, gendarmes et policiers municipaux depuis l'arrvée de la gauche au pouvoir.
En 100 jours, les incidents au cours desquels nos représentants des forces de l'ordre sont pris à partie et blessés se sont multipliés :
- Toulouse, début d'émeute en fin de semaine suite à interpellation...
- Amiens, échauffourées ce week-end suite à intervention policière jugée excessive...par des habitants !
- Trois policiers pris à partie et blessés dans le XVIIIe à Paris - Aix en Provence, deux policiers blessés très gravement suite à interpellation
Bruno Beschizza dénonce ce climat délétère qui commence à régner en France où la contestation violente de toute interpellation semble devenir la règle. La peur a changé de camp !
Bruno Beschizza constate que la « fermeté de façade » du Ministre de l'Intérieur ne cache plus la réalité : les voyous de tout type, délinquants ou criminels, ont bien entendu, eux, le message laxiste de la Garde des Sceaux.
Ils n'ont plus rien à craindre de la Justice : Visites symboliques consacrées aux loisirs des détenus, oubli des représentants de victimes, suppression des tribunaux pour mineurs... disparition programmée des peines planchers et multiplication des libérations anticipées !
Nos policiers, nos gendarmes et nos policiers municipaux doivent non seulement se sentir soutenus mais aussi protégés car ils sont les représentants de l'Ordre républicain !
Bruno Beschizza exige donc un acte symbolique fort du chef de l'Etat déjugeant cette culture de l'excuse et de l'impunité mises en place par Christiane Taubira.
Bruno Beschizza
Secrétaire national de l’UMP en charge de l'Emploi des forces de sécurité

Une exigence déçue

L'éditorial d'Yves Thréard dans le Figaro du 10 août 2012

Que ce soit sur la crise de l'euro ou l'insécurité, le recul du chômage ou la réduction de la dette publique, les Français ne se font aucune illusion.
À la lumière du sondage publié parLe Figaro , ils n'attendent pas de miracle de la part de François Hollande. À peine élu, le président de la République ne peut même pas se prévaloir de leur confiance!
Ce pessimisme traduit comme une exigence déçue. Celle d'une vision, qui fait défaut, et de changements, qui ne sont pas au rendez-vous. Il exprime aussi un doute sur les capacités de l'homme à modifier le cours des choses. Il est vrai que, depuis cent jours, le vacancier de Brégançon n'a brillé ni par son audace ni par son dynamisme. L'hésitation dans l'action le dispute au flou du discours.
La gravité de la situation du pays comme de l'état d'esprit des Français commanderait, au contraire, de prendre le taureau par les cornes.
C'est le moment ou jamais de remettre à plat notre modèle. Pour changer de fond en comble notre fiscalité, injuste et confiscatoire ; notre rapport au travail, paralysé par ces satanées 35 heures ; nos méthodes de production, peu compétitives. Sans parler de la place et des missions de l'État, qui devraient être reconsidérées. Relever ces défis exige des réformes conduites d'une main qui ne tremble pas.
La direction prise n'est malheureusement pas celle-là. François Hollande n'est pas Gerhard Schröder. Le chancelier social-démocrate avait engagé des transformations courageuses pour sortir son pays de l'ornière. Dix ans plus tard, l'Allemagne peut l'en remercier. Elle rayonne dans le tourbillon de la ­mondialisation.
Le président socialiste français ne veut sans doute pas prendre le risque de l'impopularité au sein de la gauche, en bousculant ses dogmes et ses habitudes. Mauvais calcul, car les sombres perspectives d'avenir l'obligeront, qu'il le veuille ou non, à aller à Canossa.
Déjà la rentrée s'annonce agitée.

Des paroles aux actes

L'éditorial d'Yves Thréard dans le Figaro du 9 août 2012

Dans la torpeur de l'été, et alors qu'il est lui-même en vacances, trois actualités brûlantes rappellent François Hollande à la réalité. Le démantèlement des camps de Roms, la flambée des prix de l'essence, la guerre ­civile en Syrie. Trois sujets d'une gravité certes différente, mais qu'il n'est pas inutile de mettre en regard des promesses faites, il y a peu, par le président de la République. Trois exemples qui traduisent chez lui une frilosité certaine. À moins que l'exercice du pouvoir ne l'ait ramené - au moins sur les Roms et l'essence - à plus de clairvoyance.
En mars, alors que la campagne battait son plein, François Hollande affirmait qu'avec lui, les gens du voyage d'origine roumaine ne seraient pas exposés à la fermeté de ­Nicolas Sarkozy. «On ne peut pas continuer à accepter que des familles soient chassées d'un endroit sans solution», disait-il. Jeudi, un camp de Roms a été démantelé, conformément à une décision de justice. Et des occupants d'autres sites, expulsés par charter à destination de Bucarest. N'était-ce pas le même François Hollande qui criait à la stigmatisation pendant l'été 2010?
En janvier, le candidat PS à l'Élysée annonçait qu'avec lui les Français pourraient compter sur un blocage temporaire des prix de l'essence, en cas de forte augmentation. Nous y sommes, mais le ministre de l'Économie, tout bien considéré, préfère attendre. Il s'en remet à une mission d'inspection . Technique rompue du hollandisme: quand un problème se pose, son traitement est renvoyé à l'examen d'une comission. Comme pour cacher un changement de pied.
Fin mai, le déjà président de la République n'excluait pas une intervention militaire en Syrie. «À moi, ajoutait-il, de convaincre Russes et Chinois.» Moscou et Pékin continuent à faire la sourde oreille. Mais, alors que certains s'impatientent face au massacre de la population par les séides de ­Bachar el-Assad, le chef de l'État n'apparaît plus en première ligne. La France ­préside pourtant depuis peu le Conseil de sécurité de l'ONU, poste stratégique pour multiplier les initiatives.
Ainsi va François Hollande.

Les contre-pieds de la garde des Sceaux

L'éditorial d'Yves Thréard dans le Figaro du 7 août 2012

Si l'on comprend bien les récentes déclarations de Christiane Taubira, le sentiment d'insécurité en France serait une pure invention des responsables politiques de droite. Le résultat d'un conditionnement de l'opinion publique par Nicolas Sarkozy et l'ancienne majorité.
On ne saurait trop conseiller à la garde des Sceaux un séjour dans les quartiers nord de Marseille, en Seine-Saint-Denis ou dans ces zones périurbaines de plus en plus rongées par la délinquance pour demander à leurs habitants ce qu'ils en pensent. Il est vrai qu'à peine entrée en fonction, Christiane Taubira a préféré rendre visite à des détenus, premières victimes, selon elle, de notre système carcéral.
Même si celui-ci mérite sans doute d'être amélioré, était-ce une façon de signifier à tous ceux qui souffrent de la violence au quotidien, dans leur ville, leur quartier ou leur immeuble, que leur défense n'était plus la priorité de l'appareil judiciaire français? Son objectif est de vider les prisons des personnes condamnées à des courtes peines.
Christiane Taubira va son chemin. Garde des Sceaux, donc tenue à la solidarité gouvernementale, elle ne semble pas se soucier des projets et initiatives de ses collègues et du président de la République. Le ministre de l'Intérieur demande, à juste titre, le démantèlement des camps illégaux de Roms ; elle refuse de le soutenir. Il lance des zones prioritaires de sécurité ; elle s'en tient éloignée, ne cosigne pas la circulaire Valls.
C'est à présent l'expérience des centres éducatifs fermés pour mineurs qu'elle paraît remettre en question. Pendant la campagne électorale, François Hollande avait pourtant promis d'en doubler le nombre. Comme sur d'autres sujets, a-t-il changé d'avis?
Si la politique pénale est laissée à la discrétion de la garde des Sceaux, il est peu probable que l'opinion publique, pour reprendre la formule de Christiane Taubira, y adhère longtemps.

Un peu de courage, Monsieur le Président !

 

«La déception est à la hauteur des excès de critiques dont les socialistes nous ont accablés durant cinq ans.» François BOUCHON / Le Figaro
«La déception est à la hauteur des excès de critiques dont les socialistes nous ont accablés durant cinq ans.» François BOUCHON / Le Figaro

Dans une tribune publiée ce lundi dans les colonnes du Figaro, l'ancien premier ministre, François Fillon, exhorte François Hollande à prendre sans attendre le chemin de Moscou, avec Angela Merkel, pour demander à Vladimir Poutine de lâcher le régime syrien de Bachar el-Assad.

La politique étrangère de la France offre une nouvelle illustration de la méprise qu'a constituée la campagne de François Hollande. Le candidat n'avait pas de mots assez durs pour qualifier l'effacement de l'Hexagone de la scène internationale et les erreurs à répétition de Nicolas Sarkozy.
L'intervention auprès du gouvernement russe pour stopper la guerre contre la Géorgie fut approuvée du bout des lèvres après qu'elle eut réussi. La finalisation de notre retour complet dans l'Otan fut condamnée avec une violence qui rend grotesques les tortillements du nouveau président de la République pour justifier son renoncement à tout retour en arrière. La dénonciation du renforcement de nos moyens en Afghanistan, au moment où nos alliés nous le demandaient parce que l'avenir de la fragile reconstruction d'un État afghan en dépendait, témoignait d'une politique de l'émotion, pas d'une stratégie responsable appuyée sur une vision de long terme. Les longs mois de silence devant le coup d'État de Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire resteront une tache indélébile dans l'histoire du Parti socialiste français. La condamnation de l'inaction supposée de la France dans les révolutions arabes fut immédiatement suivie de commentaires inutiles et suffisants sur l'inspiration de l'intervention militaire en Libye, qui a été la décision de Nicolas Sarkozy, presque seul contre tous, avant d'être rejoint par les innombrables supporteurs de la victoire. Quant aux efforts incessants de la France pour obtenir une décision du Conseil de sécurité des Nations unies pour mettre fin aux massacres en Syrie, ils ont été salués par des commentaires irréfléchis sur la présence de Bachar el-Assad au lancement de l'Union pour la Méditerranée, à Paris.
Après ce festival de condamnations, de critiques condescendantes et de postures «droit-de-l'hommistes», on s'attendait à un festival d'initiatives françaises sur la scène internationale, à une omniprésence de François Hollande et de Laurent Fabius, en deux mots, à de l'action et à des résultats. La déception est à la hauteur des excès de critiques dont les socialistes nous ont accablés durant cinq ans.
Oui, il y a une grande différence entre la politique de Sarkozy et celle de Hollande: le premier prenait des risques, cherchait à renouveler une politique étrangère trop souvent synonyme d'immobilisme et de faux-semblants; le second ne se préoccupe que de sa «normalitude» et préfère de beaucoup son image à la recherche de résultats!
En Afghanistan, la page française, ouverte par Chirac et Jospin, est refermée sans aucune perspective. En Libye, le courageux peuple libyen se dit abandonné par la France et par l'Europe. On attend toujours un discours de la France sur les événements qui disloquent peu à peu le plus grand pays du Moyen-Orient, l'Égypte. Le silence français sur l'Iran est assourdissant. Mais le comble est atteint avec la Syrie, où le gouvernement français fait le service minimum.
Pendant la campagne électorale, François Hollande avait indiqué qu'il était favorable à une intervention militaire de la France dans ce conflit pour peu que le Conseil de sécurité l'autorise. J'ai toujours pensé qu'une telle intervention militaire serait une très grave erreur stratégique. Faire de la Syrie un nouvel Irak, théâtre des pires affrontements entre chiites et sunnites manipulés en sous-main par un Iran qui reste la menace numéro un pour la paix dans le monde, n'est pas une option. Sans compter que la Russie n'apportera jamais son soutien à une telle initiative; pire, elle la combattra sur le plan diplomatique, mais aussi avec d'autres moyens dont elle a gardé la maîtrise. Si l'on veut vraiment allumer la mèche d'un conflit généralisé au Proche et au Moyen-Orient et recréer les conditions d'une nouvelle guerre froide, il ne faudrait pas s'y prendre autrement.
Alors, plutôt que de s'invectiver lamentablement quand des hommes et des femmes meurent sous les bombes et les tortures, il vaudrait mieux chercher à débloquer le véritable verrou de ce conflit: la position de Moscou! J'ai beaucoup parlé de cette crise avec Vladimir Poutine. Ses arguments, que je réfute, ne sont pas méprisables! Il redoute une contagion fondamentaliste à l'ensemble de la région, dont la Russie est plus proche et plus dépendante que l'Europe et l'Amérique. Il sait que les Américains auront bientôt quitté l'Afghanistan, qui risque de redevenir un foyer terroriste aux portes de la Russie. Il constate que l'intervention américaine en Irak a conduit au chaos pour longtemps. Il redoute le retour en arrière de l'Égypte aux mains des fondamentalistes. Il ne veut pas ajouter la Syrie à la liste des foyers de déstabilisation de ses frontières sud.
Nous ne pouvons pas accepter cette position et nous ne l'avons jamais acceptée, mais nous ne pouvons pas non plus rester les bras croisés face à ce blocage diplomatique. L'incompréhension est telle entre la Russie et les États-Unis que seuls les Européens peuvent engager avec la Russie le dialogue qui peut résoudre la crise. C'est pourquoi la France peut jouer un rôle clé avec l'Allemagne pour faire bouger Poutine. Le sujet n'est plus du niveau des ministres des Affaires étrangères, il est maintenant du seul ressort des chefs d'État.
Au lieu de recevoir Poutine avec des pincettes, au lieu de l'humilier en bloquant la construction du centre orthodoxe du quai Branly et de bouder l'inauguration du monument à la mémoire des soldats russes morts pour la France durant la Grande Guerre, le gouvernement français devrait faire preuve de réalisme et d'un peu de courage pour construire une relation de confiance avec la Russie! Ce n'est pas à New York que la crise syrienne se dénouera, c'est à Moscou. Que Poutine lâche le régime syrien, et il tombera comme le fruit pourri qu'il est.
Si j'étais François Hollande, je prendrais l'avion maintenant pour Moscou, si possible avec Angela Merkel, et je chercherais à offrir à la Russie de véritables garanties sur sa sécurité et sur une relation de confiance avec l'Otan, qui doit inclure la question de la défense antimissile à laquelle les Russes doivent être réellement associés. L'ours russe n'est dangereux que quand il a peur. Offrons-lui sans détour la perspective d'un accord historique d'association avec l'Europe.
Ce que François Hollande ne comprend pas, c'est qu'il faut ancrer la Russie à l'espace européen. Je sais bien que les diplomates trouveront dix mille raisons qui empêchent cette avancée historique: l'insuffisance de l'État de droit en Russie, l'instabilité des règles juridiques et commerciales, la corruption… Tout cela est vrai mais tout cela ne peut justifier que nous restions inactifs face au piège infernal qui est en train de s'armer aux confins de la Perse, de la Mésopotamie et l'Assyrie.
Que notre président normal comprenne qu'il n'y a rien de normal dans le monde dont il est désormais l'un des principaux responsables. Qu'il prenne des risques, qu'il abandonne ses postures bourgeoises et atlantistes version guerre froide. Qu'il parle avec la Russie.
Pour ma part, je le soutiendrai même s'il devait échouer dans cette tentative de la dernière chance.

Jean-François Copé « très préoccupé par l'inertie » de Hollande

Article paru sur lefigaro.fr le vendredi 10 août 2012.
LE FIGARO. - Nicolas Sarkozy a-t-il eu raison d'intervenir sur le dossier syrien ?
Jean-François COPÉ. - Il a eu raison, évidemment. Je suis très préoccupé par l'inertie de la diplomatie française, dont le chef, François Hollande, omniprésent sur son lieu de villégiature, est totalement absent sur la scène internationale. Jean-Marc Ayrault, dont ce n'est pas le rôle, en est réduit à faire croire que l'envoi de matériel humanitaire, aussi utile soit-il, peut tenir lieu d'action diplomatique forte. Et pendant ce temps, des femmes, des enfants, des civils se font massacrer en Syrie. La chute d'Alep serait un symbole désastreux pour tous les combattants de la liberté. Quel désaveu pour les socialistes !
Que répondez-vous à Laurent Fabius qui reproche à Nicolas Sarkozy de « susciter la polémique » ?
Contrairement à François Hollande et à Jean-Marc Ayrault, Laurent Fabius est le seul à avoir une expérience gouvernementale. Je note qu'il est plus prompt à critiquer nos positions qu'à être en initiative. Peut-on m'expliquer pourquoi Laurent Fabius annonce le 6 août qu'il se rendra le 15 août seulement dans la région ? Pourquoi un tel délai ?
Pour la gauche, Nicolas Sarkozy veut faire oublier qu'il a reçu Bachar el-Assad à Paris. Qu'en pensez-vous ?
Est-ce vraiment le sujet ? Nicolas Sarkozy a donné une chance à Kadhafi et el-Assad de s'amender et de réintégrer la communauté internationale. Il n'a pas été le seul à le faire. Ils n'ont pas saisi cette opportunité et Nicolas Sarkozy en a très rapidement tiré toutes les conséquences. Quand ils étaient dans l'opposition, les socialistes n'ont eu de cesse de nous faire de grandes leçons de morale sur les droits de l'homme. Maintenant qu'ils sont au pouvoir, ils adoptent un profil bien bas.
Que devrait faire François Hollande ?
Le président de la République devrait revenir à Paris, contacter ses homologues et les rencontrer, bref, prendre directement en charge la conduite de la diplomatie française, comme le veut la tradition lorsque les droits de l'homme sont menacés. Qu'on me comprenne bien: je ne préconise pas une option militaire à tous crins. D'ailleurs, les Français ne la souhaitent pas. Je plaide pour une initiative diplomatique forte, conforme à la tradition et au rang de la France. Quand il était président, Nicolas Sarkozy a dû gérer trois crises majeures de natures très différentes: Géorgie, Côte d'Ivoire et Libye. Chaque fois, il a su prendre le leadership, innover, faire preuve d'audace et entraîner la communauté internationale. Chacune de ses trois initiatives, dans des contextes tragiques, a été couronnée de succès. Je rappelle qu'à l'été 2008 il avait interrompu ses vacances et était parvenu à trouver un compromis avec les Russes sur la crise géorgienne.
Hollande peut-il arracher un accord à la Russie et à la Chine ?
Il nous avait promis de convaincre les Russes. Le résultat fut un flop diplomatique retentissant à Paris, le 1er juin, lorsqu'il a reçu Vladimir Poutine. Ce dernier n'a en rien infléchi sa position, bien au contraire. Le président russe s'est même permis de critiquer l'action de Nicolas Sarkozy en Libye, sous l'œil impassible de François Hollande. Quant à la Chine, je vous rappelle toutes les attaques stériles de François Hollande à l'encontre de ce pays, qui rendent aujourd'hui sa voix inaudible.